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Manque d'hygiène, déchets, bouteilles d'urine… Les conditions de détention des mineurs au dépôt du tribunal de Bobigny dénoncées par des avocats
Quatre avocats membres du Conseil de l'ordre de Seine-Saint-Denis ont détaillé leurs observations dans un rapport agrémenté de photos.
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"Occupation collective, froid, absence de matelas, déchets antérieurs à l'arrivée et sommeil perturbé." Quatre avocats membres du Conseil de l'ordre de Seine-Saint-Denis ont constaté, lors d'une visite effectuée entre 6h20 et 7h35, mercredi 21 octobre, les conditions difficiles auxquelles sont soumis les mineurs interpellés en marge du mouvement lycéen, au sein du dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny.
Menottes, "coups de pied et de matraque", insultes... Des lycéens et leurs parents dénoncent les conditions des gardes à vue et "des intimidations"
Ils ont consigné leurs observations dans un rapport signé par la bâtonnière de Seine-Saint-Denis, Sandrine Beressi. Il a été rendu public par plusieurs avocats, mercredi après-midi, dont Elsa Marcel, du Collectif d'action judiciaire, fondé et animé par des militants du mouvement d'extrême gauche Révolution permanente.
URGENT. Au dépôt de Bobigny, 86 personnes dont 20 enfants sont entassés. Il y a 10 matelas. Des bouteilles d'urine dans les cellules, des jeunes ado indisposées sans kit d'hygiène, des déchets partout. Il faut savoir que ce dépôt est l'un des pires endroit au monde où être enfermé. L'année dernière une jeune femme y a été violée par un policier. L'ordre des avocats a rédigé un rapport sur cette situation déplorable où les procureurs font dormir des enfants par terre comme des animaux.
Malgré cette politique d'humiliation et de terreur ces lycéens font preuve d'une courage exceptionnel. Leurs familles aussi. Honneur à eux.
Après avoir passé plusieurs heures en garde à vue dans un commissariat, voire toute une nuit, les adolescents interpellés peuvent être soit libérés, soit déférés devant un procureur. Dans le second cas, ils sont placés au dépôt en attendant leur audition devant le magistrat. Le rapport souligne que les quatre avocats se sont rendus au dépôt du tribunal de Bobigny dans le cadre "de l'exercice du droit de visite", prévu par le Code de procédure pénale, afin "de recueillir de manière la plus objective et la plus systématisée possible, les informations pertinentes sur l'état des locaux", pour "le respect de la dignité et des droits fondamentaux des personnes privées de liberté".
Ils ont pu visiter et prendre des photos de huit cellules. Leur constat est récurrent dans chacune d'entre elles : "Aucun mineur n'a eu de matelas", bien que le service affirme que dix sont disponibles. "Les couvertures de survie constituent fréquemment le seul équipement de repos", et, souvent, les adolescents, dont les arrivées au dépôt s'échelonnent entre 21 heures, 2 heures et 5h45, souffrent du froid, selon leurs observations.
"Des déchets sont présents dans plusieurs cellules avant l'arrivée des mineurs. Des bouteilles contenant de l'urine sont présentes dans plusieurs cellules", exposent par ailleurs les quatre avocats, photos à l'appui. Ils assurent que les règles d'hygiène ne sont pas respectées dans certaines cellules, quand les kits prévus ne sont pas distribués. Deux mineures ont signalé un manque de protections périodiques.
Certaines adolescentes sont contraintes de rester dans "des cellules du couloir des hommes majeurs", en raison de "la nécessité de séparer des personnes impliquées dans une même affaire". En outre, si des mineurs "accèdent aux toilettes sur demande dans certaines cellules, dans une autre, ils doivent crier pour solliciter cet accès", souligne le rapport. Contactés par franceinfo mercredi, le parquet de Bobigny et la présidence du tribunal judiciaire n'ont pas donné suite.