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Banni des États-Unis, DeepSeek s'offre 15 milliards de dollars pour écraser ChatGPT
Quelques jours après la publication des restrictions américaines, DeepSeek serait sur le point de boucler une levée de fonds colossale. De quoi accélérer le développement de ses modèles d’intelligence artificielle et réduire sa dépendance aux technologies américaines.
Les États-Unis veulent chasser DeepSeek de leurs administrations. En Chine, les investisseurs semblent au contraire prêts à lui signer un chèque XXL. Selon Reuters, la start-up chinoise serait sur le point de réunir 100 milliards de yuans, soit près de 15 milliards de dollars, auprès d’une quinzaine d’investisseurs, parmi lesquels Tencent, CATL et plusieurs grands groupes industriels.
Un montant deux fois supérieur à l’objectif initial, qui témoigne de l’intérêt suscité par DeepSeek dans son pays. L’opération n’est toutefois pas encore officiellement bouclée et ses modalités pourraient évoluer.
Le calendrier interpelle. Le 20 octobre dernier, Washington a publié une décision interdisant aux administrations fédérales civiles américaines d’utiliser les produits et services de DeepSeek, y compris certaines solutions tierces reposant sur ses technologies.
Mais contrairement à ce que pourrait laisser penser la proximité des deux annonces, cette levée n’a pas été organisée dans l’urgence pour répondre aux sanctions. Les discussions avec les investisseurs ont commencé dès l’été, tandis que la décision américaine avait été prise en juillet.
L'argent devrait notamment permettre au laboratoire chinois d’accélérer ses investissements dans les infrastructures de calcul. Selon le Wall Street Journal, DeepSeek travaille également avec Huawei pour transférer davantage de charges d’entraînement vers des puces chinoises. Les GPU de NVIDIA restent néanmoins utilisés pour les opérations les plus exigeantes.
L'enjeu dépasse donc le simple financement de nouveaux modèles. Il s’agit de bâtir une infrastructure capable de résister aux nombreuses restrictions technologiques imposées par Washington.
En janvier 2025, DeepSeek-R1 avait bousculé le marché de l’IA en démontrant qu’un modèle de raisonnement chinois pouvait rivaliser avec des références américaines, à des coûts annoncés bien inférieurs.
Depuis, l’entreprise a multiplié les évolutions. Son modèle phare actuel, DeepSeek-V4.1-Flash, a encore été amélioré le 17 octobre avec la version 1017, notamment sur les tâches complexes de programmation.
Sous le capot, cette IA repose sur une architecture à mélange d’experts (MoE) qui compte 552 milliards de paramètres. Sa particularité est de n’en mobiliser qu’une fraction à chaque étape, environ 8 milliards pour traiter les données entrantes et 16 milliards pour produire les réponses.