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Actualité : Diagnostic médical : l’IA de Microsoft fait désormais deux fois mieux que les généralistes
83,2 % de bons diagnostics sur 304 cas médicaux redoutables, contre 36,1 % pour des généralistes armés de leurs manuels et d'Internet. Publiés dans Science, les chiffres de l'IA diagnostique de Microsoft donnent le vertige. Pourtant, en grattant le vernis, l'étude révèle des angles morts que seuls de vrais patients pourront éclairer.
© FabrikaSimf - Dans une simulation publiée par Science, l’IA de Microsoft a posé le bon diagnostic dans 83 % des cas complexes, contre 36 % pour des médecins généralistes.
Le 22 octobre 2026, Microsoft AI, la division pilotée par Mustafa Suleyman, cofondateur de DeepMind, a publié dans la revue Science les résultats de MAI-DxO, son "orchestrateur de diagnostic". Dévoilé en version préliminaire à l'été 2025, l'outil franchit cette fois l'épreuve de la relecture par d'autres scientifiques. Sur des cas du New England Journal of Medicine, véritables énigmes cliniques publiées pour mettre les praticiens à l'épreuve, il identifie la bonne maladie plus de deux fois plus souvent que des médecins généralistes (83,2 % contre 36,1 %), selon l'annonce de Microsoft.
Our MAI Diagnostic system is now 1.7x more accurate than physicians in the ED, even when they have access to the web to look things up.It's also lower cost & does fewer medical tests to get to its diagnosis.Published in the journal Science today... pic.twitter.com/kPX3PkE6k0
Le patron de Microsoft AI y vante un système 1,7 fois plus précis que les médecins aux urgences, et moins coûteux. Ces deux atouts relèvent de réglages distincts. La version la plus précise (80,3 %) engage 4 979 dollars d'examens par patient, contre 3 400 pour les médecins, selon des tarifs simulés d'hôpital américain. La version économique, à 2 634 dollars, redescend à 73,2 %.
Le système fonctionne comme un chef d'orchestre. Il pilote un modèle d'IA existant, comme GPT-5 d'OpenAI, l'un des moteurs de ChatGPT, et lui fait endosser plusieurs rôles. Face à un patient fictif, il part d'un résumé de deux ou trois lignes. Pour en savoir davantage, il doit interroger un second programme, le "Gatekeeper" (le gardien), qui ne livre une information que sur demande explicite. En coulisses, un panel de médecins virtuels se répartit le travail : l'un échafaude les hypothèses, un autre choisit les examens, un troisième joue l'avocat du diable, un dernier surveille la facture.
Le principe de MAI-DxO : cinq agents virtuels (hypothèses, choix des examens, contradicteur, gestion des coûts, vérification) décident à chaque étape de poser une question, de demander un examen ou de livrer un diagnostic.
Couplé à GPT-5, MAI-DxO atteint 83,2 % de réussite. En face, des généralistes et des internistes plafonnent à 36,1 % avec manuels et Internet, tombent à 22,3 % sans, et le meilleur d'entre eux culmine à 51,8 %. Aux urgences, sur 325 admissions, l'écart se resserre : 80,3 % contre 46,8 %. Détail savoureux, la machine pose en moyenne 25,5 questions avant de prescrire son premier examen, contre 5,6 pour les médecins.
Aucun spécialiste, aucune équipe pluridisciplinaire n'a participé au match. Imagerie, lames d'anatomopathologie, patient qui oublie un symptôme : tout cela reste hors du terrain de jeu, admettent les quinze auteurs, tous salariés de Microsoft. TechCrunch note que GPT-5 seul, sans l'orchestrateur, frôle déjà 78,9 %. La puissance du moteur pèse donc lourd dans le résultat.
Précision diagnostique de dix modèles d'IA sur les 304 cas du NEJM, seuls puis pilotés par l'orchestrateur de Microsoft (en bleu clair, le gain obtenu).