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Fausse amende avec votre vraie plaque : alerte après la fuite de 850 000 immatriculations
Un cybercriminel affirme avoir récupéré les plaques d'immatriculation de près de 850 000 véhicules français, accompagnées des coordonnées de leurs propriétaires. De quoi alimenter des campagnes d'escroquerie redoutablement crédibles, notamment autour des contraventions. Voici les précautions à prendre.
Imaginez recevoir un SMS vous réclamant le paiement d'une contravention avec votre nom et votre véritable numéro d'immatriculation. De quoi hésiter avant de crier à l'arnaque. C'est précisément le risque soulevé par une nouvelle fuite de données revendiquée ce week-end par ChimeraZ, un pirate informatique qui affirme détenir les informations personnelles associées à près de 850 000 plaques françaises.
Le 24 octobre, ce dernier a annoncé sur un forum cybercriminel posséder une archive de 175 Mo qui contiendrait plus de 905 000 enregistrements. L’authenticité de l’ensemble du fichier et l’origine des données n’ont pas été confirmées indépendamment. ChimeraZ promet également de publier un second fichier bien plus volumineux.
Les échantillons examinés par le site spécialisé FrenchBreaches ont de quoi inquiéter. On y trouve des noms, des prénoms, des numéros de téléphone, des adresses e-mail et des coordonnées postales parfois très détaillées.
Au total, le pirate revendique 847 064 plaques distinctes, plus de 506 000 adresses électroniques et près de 475 000 numéros de téléphone uniques. Cela ne signifie pas nécessairement qu'autant de personnes sont concernées, puisque plusieurs véhicules peuvent appartenir au même propriétaire.
L'origine de ces informations demeure inconnue. ChimeraZ évoque simplement un site Internet vulnérable, sans donner son nom. Rien ne permet à ce stade d'affirmer que le Système d'immatriculation des véhicules (SIV) de l'État a été compromis. Les données présentées semblent par ailleurs s'échelonner de 2017 à 2026.
Le pseudonyme n'est pas inconnu des spécialistes de la cybersécurité. Ces dernières semaines, ChimeraZ a également revendiqué des attaques visant la Fédération française de tir et plusieurs armureries, ainsi que la mise en vente de données d'adhérents du Parti communiste français.
Une plaque d'immatriculation est visible par n'importe qui dans la rue. Mais lorsqu'elle est associée à une identité et à un numéro de téléphone, elle devient autrement plus intéressante pour les escrocs.
Le scénario le plus évident est celui d'un faux SMS de l'ANTAI, l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions, réclamant le règlement urgent d'une amende. En mentionnant la bonne immatriculation, voire l'adresse du destinataire, le message paraît immédiatement plus sérieux.
D'autres escroqueries sont envisageables, notamment de faux appels de garages, des demandes de paiement pour des réparations imaginaires ou des tentatives d'usurpation d'identité.