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Une seule machine piratée pourrait compromettre tout un réseau, Tailscale confirme de graves failles dans son service SSH
Une série de vulnérabilités découvertes dans Tailscale pourrait permettre à des pirates de prendre le contrôle de plusieurs serveurs à partir d'un seul appareil compromis. L'éditeur reconnaît la gravité du problème et prépare des correctifs.
En trois jours de tests seulement, Erica Windisch, chercheuse en cybersécurité chez Cyberdione Labs, a confirmé avoir identifié onze problèmes de sécurité dans Tailscale et headscale, et démontré comment un appareil déjà compromis pouvait servir à obtenir les droits administrateur sur d'autres machines du réseau, sans avoir besoin de leurs identifiants. Tailscale a depuis confirmé l'existence de plusieurs failles d'élévation de privilèges, reconnu leur gravité et annoncé des patchs imminents.
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Dans le détail, les tests ont porté sur Tailscale 1.104.2 et headscale 0.29.5, solution permettant d'héberger soi-même le serveur de coordination du réseau. Les vulnérabilités les plus graves concernent Tailscale SSH, une fonctionnalité d'administration à distance désactivée par défaut, et non les connexions SSH classiques qui transitent simplement par le réseau privé. Pour autoriser ces accès, Tailscale s'appuie sur des règles définies à l'avance. Or, lorsque la redirection SSH est autorisée, le processus tailscaled effectue certaines opérations avec les privilèges root, même si le compte connecté ne possède pas ces droits.
Un attaquant qui contrôle déjà un appareil autorisé à se connecter au serveur cible peut exploiter cette faiblesse pour accéder à des ressources normalement réservées aux administrateurs et, dans certains cas, exécuter des commandes avec les droits les plus élevés du système. Lors de ses expérimentations, Erica Windisch a aussi réussi à intercepter une clé d'enregistrement et à s'en servir pour inscrire une machine malveillante sur le réseau, lorsque la fonction de sécurité Tailnet Lock était désactivée.
Les mêmes vulnérabilités peuvent ensuite être exploitées de serveur en serveur, tant que les règles d'accès autorisent ces connexions. Erica Windisch a automatisé cette progression en laboratoire, avec moins d'une seconde nécessaire à chaque étape. Elle décrit ainsi une attaque wormable, susceptible de se propager à la manière d'un ver informatique, sans nouvelle intervention des victimes. Des règles limitant les connexions à des paires d'appareils précises ont toutefois permis de stopper cette propagation pendant les tests. Aucun cas d'exploitation sur un réseau réel n'a été signalé.
Au lendemain de ces révélations, Tailscale a confirmé avoir déjà développé des correctifs pour la majorité des problèmes identifiés, dont plusieurs ont depuis été intégrés au code source. L'éditeur termine actuellement les tests avant la publication d'une version corrigée, prévue d'ici la fin de la journée. Un bulletin de sécurité détaillera ensuite les versions concernées et les configurations exposées.
En attendant, vous pouvez réduire les risques en limitant les autorisations SSH aux appareils qui en ont réellement besoin et en désactivant la redirection lorsqu'elle n'est pas indispensable.
Il n'est toutefois pas nécessaire de renoncer complètement à Tailscale SSH : l'éditeur recommande d'ajouter la variable TS_SSH_DISABLE_FORWARDING=1 à l'environnement du service tailscaled, puis de le redémarrer. Cette option désactive les redirections sans désactiver l'accès SSH, et fonctionne également avec headscale, dont la version testée ne permet pas de désactiver ces redirections règle par règle. Elle permet ainsi de bloquer plusieurs techniques d'exploitation en attendant les patchs, qu'il sera impératif d'installer dès leur disponibilité.