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Ils ont mis des neurones humains vivants dans un ordinateur : leur objectif pourrait transformer l'IA
Chercheur, mathématicien et spécialiste des sciences cognitives, Marvin Minsky a mis au point le premier réseau de neurones artificiels, jouant ainsi un rôle fondamental dans l'apparition de l'apprentissage profond.... Lire la suite
Tout récemment, la National University of Singapore (NUS), l'opérateur mondial de centres de données hyperscale DayOne et la start-up Cortical Labs ont dévoilé un prototype de data center réunissant 20 ordinateurs biologiques CL1, qui ont pour particularité d'associer des neurones humains à des puces électroniques.
[EN VIDÉO] Les observations en nanoscopie des neurones de souris ont permis de découvrir que les épines dendritiques bougeaient et se modifiaient sur une courte échelle de temps. © MaxPlanckSociety
Chaque CL1 abrite près de 200 000 neurones humains vivants issus de cellules souches, cultivés en laboratoire sur des puces en silicium équipées de microélectrodes. Cette technologie, baptisée wetware, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour l'intelligence artificielle.
Concrètement, les puces sont reliées à un système d'exploitation développé par Cortical Labs, qui permet aux chercheurs de communiquer avec les neurones. Des informations sont transmises aux cellules par le biais de stimulations électriques, et la réponse des neurones peut ensuite être lue et utilisée pour accomplir une tâche ou simuler un environnement spécifique. Les chercheurs peuvent également contrôler les réseaux de neurones via une API et en surveiller l'activité.
Chercheur, mathématicien et spécialiste des sciences cognitives, Marvin Minsky a mis au point le premier réseau de neurones artificiels, jouant ainsi un rôle fondamental dans l'apparition de l'apprentissage profond.... Lire la suite
L'utilisation de cellules vivantes présente toutefois une limite majeure car elles finissent par mourir. Le système CL1 fournit aux neurones les nutriments nécessaires ainsi que les conditions de température requises pour assurer leur survie, mais Cortical Labs précise qu'ils peuvent rester fonctionnels pendant environ six mois, puis doivent être remplacés.
À Singapour, les premiers ordinateurs intégrant des neurones humains promettent de révolutionner l'IA. Illustration créée à l'aide d'un outil IA. © Arnaud Pagès, Futura
Les chercheurs entrevoient plusieurs avantages potentiels pour l'IA. Le premier tient dans la sobriété énergétique de cette technologie. Le cerveau humain est capable de traiter des informations complexes en consommant relativement peu d'énergie. De la même manière, des réseaux de neurones cultivés s'avèrent bien plus économes en énergie que les ordinateurs traditionnels.
À ce titre, Cortical Labs indique qu'une unité CL1 consomme environ 25 watts et un rack complet, incluant le système assurant la survie, entre 800 et 1 000 watts. Dans le cas des systèmes d'IA traditionnels, la consommation électrique d'un rack de serveurs peut dépasser les 100 kilowatts. La comparaison mérite toutefois d'être nuancée car cette innovation n'offre pas encore les mêmes performances qu'un GPU classique