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Actualité : “Ces nouveaux entretiens ont des conséquences importantes” : Proton va trier ses employés selon leur usage de l'IA
Selon un email interne de la direction de Proton à ses employés, ces derniers vont devoir passer de "nouveaux entretiens" pour savoir comment ils utilisent l'IA. Les conséquences s'annoncent sérieuses.
© Bangla press/Shutterstock - Proton croit beaucoup (trop ?) en l'IA.
Alors que les licenciements à cause de l'IA se multiplient dans la tech et le jeu vidéo, à petite ou à grande échelle comme c'est d'ailleurs le cas aujourd'hui chez Microsoft (Jamais Microsoft n’avait fait ça : pour financer l’IA, plus de 25 % de ses salariés sont incités à partir d’ici la fin de l’année), voici venir un autre type de décision en provenance de chez Proton.
La société suisse, souvent citée parmi les meilleures solutions pour se passer de Google et renforcer sa vie privée avec des outils comme Proton Mail, Proton Pass, Proton VPN ou Proton Calendar, aime aussi l'IA. En témoigne son chatbot maison Lumo, mais aussi l'email interne adressé à ses employés que 404 Media a pu se procurer.
Dans les grandes lignes, cet email annonce qu'une partie des employés de Proton va devoir repasser un entretien d'embauche ("re-interviewing") pour savoir comment ils utilisent l'IA dans leur travail. L'email l'indique sans s'en cacher : "Ces nouveaux entretiens ont des conséquences importantes".
Plus exactement, le courrier précise : "Les évaluateurs consigneront leurs évaluations, qui serviront de base à l'analyse globale de notre organisation et de nos ressources humaines." Jusqu'ici, pourquoi pas. Dans une période où l'IA change en profondeur de nombreux métiers, vouloir faire un point à ce sujet se défend.
Nous avons besoin de personnes capables de mettre à profit les capacités de l'IA pour créer de meilleurs produits, améliorer l'efficacité opérationnelle et mettre en place de nouvelles méthodes de travail — et qui abordent ce changement avec curiosité, discernement et un sentiment d'urgence.
Mais la suite est moins réjouissante : "Cette analyse pourra déboucher sur des changements au niveau des fonctions, des responsabilités et de la poursuite de l'emploi. Les résultats individuels seront communiqués directement dès que les décisions auront été finalisées." Ainsi, le risque de perdre son emploi si une personne n'utilise pas correctement ou suffisamment l'IA semble bien réel.
Dans une autre phrase qui semble enfoncer une porte ouverte, Proton ajoute : "Nous sommes conscients que ce processus est source d'incertitude. Nous ferons clairement savoir ce qui a été décidé et ce qui reste en suspens." Il est précisé que les interviewers, des spécialistes de l'IA, proviendront d'en dehors de l'entreprise.
Pour les utilisateurs enfin, qui se tournent souvent vers Proton pour profiter d'un produit européen sécurisé et éloigné de Google et du tout IA, il s'agit d'une nouvelle mauvaise nouvelle sur la politique et la stratégie de la firme. Il y a quelques mois, la firme et son PDG Andy Yen étaient déjà au cœur d'une polémique après avoir financé un clip publicitaire dans la vidéo d’un influenceur français d’extrême-droite. La défense à l'époque était alors que "Proton soutient la liberté d’opinion, mais Proton lui-même doit rester neutre."