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Volkswagen perd 5,8 milliards en trois mois : le constructeur prépare un séisme social historique
Le constructeur allemand a essuyé une perte nette de 5,82 milliards d’euros au troisième trimestre 2026. Porsche et le recul des ventes chinoises pèsent lourd, tandis que le succès des voitures électriques en Europe ne rapporte pas encore assez pour soulager les comptes.
Vendre davantage de voitures électriques en Europe ne suffit pas à remettre Volkswagen sur la bonne voie. Les résultats publiés ce jeudi 29 octobre font apparaître une perte nette de 2,72 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année. Le dernier trimestre se solde par sa plus lourde perte opérationnelle depuis le Dieselgate, en 2015, et la direction veut accélérer les économies.
Selon Reuters, la restructuration pourrait porter à 100 000 le nombre total de postes supprimés dans le groupe, en incluant les 50 000 suppressions déjà actées en Allemagne. Ce scénario était déjà évoqué en septembre.
Volkswagen a revu à la baisse la valeur comptable attribuée à Porsche, ce qui se traduit par une charge de 6,4 milliards d’euros. Cette dépréciation ne correspond pas à une sortie de trésorerie, mais elle traduit des perspectives moins favorables pour la marque, confrontée aux difficultés du marché chinois et aux droits de douane américains.
En ajoutant notamment un milliard d’euros de dépréciations sur des actifs chinois et les frais liés à la vente prévue du site d’Osnabrück, les charges exceptionnelles atteignent 7,8 milliards sur le trimestre. Sur neuf mois, elles s’élèvent à 8,7 milliards. Sans elles, le groupe aurait dégagé 8,8 milliards d’euros de résultat opérationnel, avec une marge de 3,8%, que son directeur financier Arno Antlitz juge insuffisante.
Les difficultés dépassent donc les seules écritures comptables. Volkswagen a livré 1,89 million de véhicules entre juillet et septembre, soit 14,3% de moins qu’un an auparavant. En Chine, le recul atteint 38,5%, avec environ 406 000 voitures écoulées.
L’Europe offre un tableau plus encourageant pour l’électrique, avec quelque 150 000 commandes pour la famille de petites voitures comprenant l’ID. Polo. Mais Arno Antlitz rappelle que les voitures électriques dégagent encore des marges inférieures à celles des modèles thermiques. Leur part croissante dans les ventes pèse donc sur la rentabilité du groupe au moment où il doit financer sa transformation.
Oliver Blume mise sur une gamme resserrée, des usines plus efficaces et des structures simplifiées, dans le cadre d’un programme de réduction des coûts d’environ 31 milliards d’euros. Comme nous vous l’avions expliqué le 7 septembre dernier, le patron de VW prépare 100 000 suppressions de postes dans le groupe, ce qui porterait les réductions bien au-delà des 50 000 déjà actées.
L’objectif annuel a lui aussi été revu à la baisse en septembre. Volkswagen vise désormais une marge opérationnelle d’au plus 1% pour environ 315 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Il prévoit près de 10 milliards d’euros de charges exceptionnelles sur l’exercice.
Le succès des petites électriques montre que Volkswagen sait encore trouver des clients. Il doit maintenant parvenir à les séduire avec des prix compétitifs tout en gagnant suffisamment d’argent pour financer les modèles suivants. Cette équation concerne toute l’industrie européenne qui doit rendre l’électrique aussi convaincante dans ses comptes que sur la route.