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Actualité : “Une incrédulité mêlée d’excitation” : la découverte d’un nouveau monde au-delà de Pluton pourrait changer la carte de notre Système solaire
Elle a échappé à tous les télescopes pendant des décennies, noyée dans la cohue d'étoiles de la Voie lactée. Un monde de glace qui pourrait mesurer jusqu’à 1 500 km se cachait au-delà de Pluton, perdu au milieu de millions d’étoiles. On l’avait même photographié en 2016, sans que personne le remarque. Celui qui l’a repéré a d’abord cru à une erreur. Si les astronomes confirment ce qu’il a vu, notre Système solaire comptera une sixième planète naine.
© NSF–DOE Vera C. Rubin Observatory/NOIRLab/SLAC/AURA/R. Proctor - En bleu turquoise, l’orbite de 2026 ED138, comparée à celles des cinq planètes naines officiellement reconnues : Cérès, Pluton, Hauméa, Makémaké et Éris. Ce monde glacé se trouve aujourd’hui à environ 46 unités astronomiques du Soleil, soit près de 6,9 milliards de kilomètres.
L'observatoire Vera C. Rubin, perché sur le Cerro Pachón, au Chili, a dévoilé le 27 octobre 2026 l'existence de 2026 ED138, un objet glacé situé à environ 46 unités astronomiques du Soleil, soit près de 6,9 milliards de kilomètres. Pluton orbite en moyenne à 40 unités. Avec un diamètre estimé entre 600 et 1 500 km, ce corps figure parmi les plus gros candidats au statut de planète naine jamais repérés au-delà de Neptune. S'il est confirmé, il deviendra le sixième membre reconnu par l'Union astronomique internationale.
Meet our Solar System's newest dwarf planet candidate: 2026 ED138!Orbiting past Pluto, scientists found it in NSF–DOE Rubin Observatory data from earlier in 2026. Early analysis suggests it's 600–1500 km across, one of the largest found past Neptune!🔗 https://t.co/wTOg898zBupic.twitter.com/hEgnk597rl
Le soir du 13 octobre, Matthew Holman, astrophysicien au Center for Astrophysics Harvard & Smithsonian, passe au crible des images captées entre mars et juillet par le télescope Simonyi. Il utilise un algorithme conçu avec son collègue Kevin Napier, qui relie entre elles les détections d'un même point lumineux en mouvement d'une nuit à l'autre. Un objet attire son regard : son éclat, rapporté à sa distance, trahit une taille hors norme. Le chercheur soupçonne d'abord une erreur, la sienne ou celle de son code.
Ma première réaction a été une incrédulité mêlée d'excitation.
Mario Jurić, chercheur à l'Université de Washington et responsable scientifique du Système solaire pour Rubin, exhume alors vingt observations supplémentaires, jusqu'au 4 mars. Des clichés d'archives de la caméra DECam, elle aussi installée au Chili, prolongent la piste jusqu'en 2016. Plus de dix ans de trajectoire reconstitués.
Pourquoi si tard ? L'objet évolue près du plan de la Voie lactée, une région saturée de millions d'étoiles, selon la National Science Foundation. Les relevés précédents y avaient renoncé.
La fourchette de taille reste vertigineuse, car elle dépend de la capacité de sa surface à réfléchir la lumière, une valeur encore inconnue. À 600 km, ED138 serait plus petit que Cérès (environ 940 km). À 1 500 km, il dépasserait Makémaké. Pour décrocher le titre, il doit être assez massif pour que sa propre gravité l'ait arrondi. Seules des observations infrarouges permettront de trancher.
Son orbite, inclinée d'environ 25 degrés, suggère qu'il a été bousculé par Neptune dans un lointain passé. D'autres mondes comme Sedna, Quaoar ou Gonggong attendent d'ailleurs toujours leur reconnaissance officielle.