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Votre voiture vous espionne-t-elle ? General Motors paie 220 millions de dollars pour solder une affaire de données revendues
General Motors avait une technique bien rodée pour rentabiliser une fonctionnalité gratuite proposée à ses utilisateurs, mais son petit arrangement avec les courtiers et les assureurs a fini par tomber à l'eau, mais l'entreprise n'a pas dit son dernier mot en termes de collecte de données.
General Motors en aura bien profité des voitures connectées, mais une sombre histoire rattrape le constructeur. L'entreprise américaine va verser 220 millions de dollars à 36 États américains pour mettre fin à des poursuites concernant la vente illégale de données de conduite et de localisation de ses clients à des courtiers en données.
Dans le cadre de cet accord, GM devra obtenir le consentement explicite des conducteurs avant de collecter ou de partager leurs données de conduite et de géolocalisation. Ces obligations rejoignent celles d'accords précédemment conclus avec la Californie et la Federal Trade Commission (FTC).
Mais ce n'est pas tout, il y a une autre exigence. En effet, un organisme tiers devra évaluer la conformité de General Motors à son programme de protection de la vie privée.
L'accord, annoncé jeudi, clôt une procédure engagée par les procureurs généraux de pas moins de 36 États. Ces derniers accusaient le constructeur d'avoir vendu des informations personnelles à des courtiers, qui les transmettaient ensuite à des compagnies d'assurance.
Le constructeur automobile précise que cette affaire concerne son programme Smart Driver, abandonné en 2024, et affirme avoir depuis amélioré ses pratiques de confidentialité.
L'affaire remonte à des révélations du New York Times, publiées plus de deux ans auparavant. Le journal avait dévoilé comment General Motors et sa filiale OnStar collectaient et vendaient des données détaillées sur les déplacements et les habitudes de conduite de leurs clients. Une collecte de données déjà très discutable en soi.
Ces informations provenaient notamment de Smart Driver, une fonctionnalité gratuite intégrée aux applications connectées du constructeur. Fonctionnalité certes gratuite, mais financièrement très intéressante pour le fabricant. Celle-ci analysait les comportements au volant et le port de la ceinture de sécurité. Les données étaient ensuite vendues à des courtiers comme LexisNexis et Verisk, qui les revendaient à des assureurs susceptibles de les utiliser pour ajuster leurs tarifs. Une manœuvre bien montée pour que chacun rentabilise le plus possible, au détriment des données personnelles du consommateur.
Malgré l'arrêt de Smart Driver en 2024, les procédures judiciaires ont continué. En janvier, la FTC a envoyé une ordonnance interdisant à GM et OnStar de partager certaines données des consommateurs. L'organisme impose également davantage de transparence et de consentement.
Alors après cette affaire, le constructeur General Motors assure ne plus vendre de données automobiles permettant d'identifier un conducteur, de connaître sa localisation ou d'analyser son comportement au volant.