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Qui a donné à l’IA l’accès aux données sensibles ? Seuls 36 % des décideurs IT peuvent l’affirmer avec certitude
Selon une étude de Delinea, spécialiste de la sécurité des identités, presque tous les responsables IT affirment que leur entreprise a une politique formelle sur les données auxquelles l’IA peut accéder (99,7 %). Pourtant, seuls 36 % peuvent toujours retrouver qui a autorisé un accès sensible à un chatbot.
Delinea a interrogé 2 254 responsables IT et sécurité, ainsi que 2 250 salariés hors IT, dans des entreprises d’au moins 500 personnes. Huit pays sont couverts, dont la France, mais le rapport ne détaille pas de résultats propres à l’Hexagone.
En théorie, tout est en place et les entreprises sont fin prêtes. Mais en pratique, ce n’est pas vraiment la même chose. Seules 51 % des organisations comparent les accès de l’IA à cette politique en temps réel, et moins d’une organisation sur cinq (19 %) remarque sur le moment qu’un agent a accédé à des données qu’il n’était pas censé consulter. 87 % des responsables IT affirment qu’un outil ou un agent IA est sorti de son périmètre au cours de l’année écoulée. Pour trois quarts de ces derniers, cela s’est d’ailleurs confirmé. Concernant les accès à des données sensibles, seuls 36 % des personnes interrogée sont en mesure de remonter systématiquement jusqu’à la personne ayant accordé l’autorisation. Pourtant, presque tous disent que leur entreprise exige l’accord d’une personne nommée avant qu’une IA accède à une nouvelle source confidentielle, au moins pour certains usages.
Côté salariés, 60 % disent avoir déjà ressenti une pression pour utiliser l’IA sur des données sensibles ou confidentielles, sans pour autant être sûrs que cela soit permis par leur employeur. Près de la moitié (48 %) affirment accéder toujours ou régulièrement à des données de l’entreprise via l’IA sans approbation formelle. Côté IT, 34 % reconnaissent que le dernier accès donné à une IA est passé par une équipe métier sans supervision ou par un salarié sans validation formelle.
Dans la moitié des cas, l’entreprise ne donne pas à l’agent des droits d’accès propres et limités. Elle le laisse agir avec les droits de la personne qui l’a lancé. La “limite” de ce que l’agent peut consulter est donc en théorie celle de son utilisateur. 42 % des organisations n’ont aucun moyen automatique de couper l’accès d’un agent à la fin d’une session.
47 % des organisations n’ont pas de contrôle au moment de l’action dans au moins deux de ces six environnements
Delinea rappelle l’incident ayant touché PocketOS en avril dernier. Dans un environnement de test, un agent de programmation a rencontré une erreur d’identifiants, puis trouvé une clé d’API sans rapport avec sa tâche. Il s’en est servi pour supprimer en neuf secondes la base de production et les sauvegardes de l’entreprise.
En décembre 2027, l’AI Act rendra obligatoire l’audit des actions menées par l’IA.