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Un "nombre de procédures en croissance" : pourquoi le Parquet national antiterroriste se saisit de plus en plus d'affaires liées à l'"ultradroite radicale violente"
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Deux semaines après l'attentat raciste de Trappes, Olivier Christen a alerté sur la montée de cette menace en France. Le nombre d'enquêtes ouvertes par le Pnat en lien avec cette mouvance n'a jamais été aussi élevé.
"Le nombre de procédures liées à l'ultradroite radicale violente est en croissance depuis quelques années." C'est le constat que le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a dressé, mardi 3 novembre, sur RTL. Le magistrat est revenu sur l'attentat raciste du 23 octobre, à Trappes et à La Verrière (Yvelines), qui a tué un Français noir de 26 ans, Pengo Bossio Wangi, et blessé sept autres personnes, dont quatre grièvement. Le procureur antiterroriste a aussi comptabilisé 22 victimes n'ayant pas été touchées physiquement, mais dont le "véhicule a été touché par des balles" ou qui "ont été visées sans être atteintes".
Si "la menace principale" en matière de terrorisme en France reste "jihadiste", celle liée à "l'ultradroite radicale violente" est en augmentation, a affirmé Olivier Christen. Entre 2019, date de la création du Parquet national antiterroriste (Pnat), et 2024, "nous avions une à deux procédures par an", a-t-il exposé. Ces deux dernières années, neuf enquêtes en lien avec cette mouvance ont été ouvertes, dont quatre en 2026, un nombre encore jamais atteint jusqu'ici pour l'ultradroite radicale violente, a appris franceinfo auprès du Pnat, qui n'a pas souhaité détailler les affaires concernées.
Le Pnat précise en revanche que, depuis sa création, 14 procédures relatives à l'ultradroite radicale violente ont été jugées, dont une affaire devant une cour d'assises spéciale des mineurs. A l'issue de ce premier procès de terrorisme d'ultradroite, baptisé "Waffenkraft", quatre hommes appartenant à la mouvance néonazie ont été condamnés, en juin 2023, pour avoir cherché à s'en prendre à plusieurs cibles souvent visées par l'ultradroite, telles que des institutions, des mosquées, une synagogue, des organismes comme la Licra ou le Crif, ou encore des figures de partis politiques, par exemple l'insoumis Jean-Luc Mélenchon. Le principal accusé, Alexandre Gilet, ex-gendarme volontaire de 27 ans, a écopé de 18 ans de réclusion criminelle.
"Il y a depuis longtemps un terrorisme d'ultradroite, dont non seulement les autorités ont conscience, mais qui fait l'objet de multiples poursuites", a souligné sur France Inter, au lendemain de l'attentat de Trappes et de La Verrière, l'ancien procureur du parquet national antiterroriste Jean-François Ricard, qui a exercé entre 2019 et 2024. "Nous avions réussi à cette époque à empêcher les actions terroristes" et à "procéder à des arrestations de ces petits groupes avant qu'ils agissent", a-t-il appuyé.
Aujourd'hui, la situation a changé. "Il y a un climat de discussions qui crée une tension (...). Cela peut, évidemment, créer une situation générale qui peut amener certaines personnes à se dire que c'est le bon moment pour passer à l'acte", "parce que la situation, à un moment donné, leur permet de le faire", a déclaré mardi Olivier Christen. Les terroristes, "quel que soit le segment idéologique", sont des "opportunistes", a-t-il ajouté. Le procureur antiterroriste a expliqué que le principal suspect de l'attentat de Trappes et La Verrière, Kévin Tessier, "avait largement préparé et prémédité les faits, probablement depuis la fin de l'été, début septembre".
En garde à vue, l'homme de 39 ans, depuis mis en examen et placé en détention provisoire, a reconnu le caractère raciste de son attaque et avoir choisi de cibler Trappes, qui constitue à ses yeux un "repaire d'islamistes", reprenant des termes proches de ceux employés par Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), en 2021. Kévin Tessier avait aussi chez lui des objets et des autocollants glorifiant le RN, sans pour autant adhérer au parti d'extrême droite, a annoncé le procureur antiterroriste, lors d'une conférence de p