// CLUBIC — MOBILE & WEB
Des sites enregistrent vos clics et vos saisies : la CNIL demande un avertissement bien visible
Certains sites et applications enregistrent vos interactions pour reconstituer votre parcours dans le détail. Dans sa recommandation définitive, la CNIL demande que cette pratique soit clairement signalée dès le premier écran de consentement.
Vous cliquez sur un produit, faites défiler sa fiche puis commencez un formulaire avant de changer d’avis. Avec un outil de « rejeu de session », l’éditeur peut revoir ce parcours comme une vidéo. Après avoir évoqué ces dispositifs lors de la consultation lancée en février, la CNIL a publié ce jeudi 5 novembre son texte définitif, avec plusieurs précisions sur l’information des internautes et les données à masquer.
Dans sa présentation de la recommandation, la CNIL souligne un ajout à la version finale : une information spécifique sur le rejeu de session devrait apparaître dès le premier niveau de l’interface de consentement. Autrement dit, dès le premier écran du bandeau, avant de devoir fouiller dans les paramètres.
L’enjeu est de comprendre ce que l’on accepte. Ces outils peuvent enregistrer les mouvements de souris, les clics, les défilements, les interactions tactiles et certaines saisies dans les formulaires. Les interactions sont ensuite assemblées pour visualiser le parcours. Il ne s’agit donc pas nécessairement d’une capture vidéo de votre écran, ni d’un enregistrement de tout ce que vous faites sur votre ordinateur.
L’usage peut être utile : repérer un bouton qui ne fonctionne pas, comprendre l’abandon d’un formulaire ou améliorer une interface. Mais la précision du suivi peut aussi conduire à collecter des informations personnelles sans rapport avec cet objectif.
La CNIL rappelle que ces outils nécessitent un consentement préalable et ne bénéficient d’aucune exemption prévue pour les traceurs. Cette obligation existait déjà ; la recommandation précise comment la respecter.
La version définitive s’intéresse également aux conversations avec les chatbots. Les outils devraient permettre de masquer les questions et les réponses, qui peuvent révéler des informations sensibles. Un échange destiné à obtenir de l’aide ne doit pas devenir une source de données superflues pour analyser l’ergonomie d’un service.
Autre précision : certains mouvements de souris devraient être masqués lorsqu’ils risquent de révéler des codes d’authentification. Occulter uniquement le texte affiché ne suffit donc pas toujours à protéger l’information.
Dans sa fiche consacrée aux droits des internautes, la CNIL rappelle aussi que les données recueillies doivent rester limitées au nécessaire. Pour améliorer l’expérience utilisateur, l’éditeur doit notamment masquer les champs dans lesquels vous saisissez des données personnelles. L’autorité recommande également des durées de conservation très brèves.
Vous devez pouvoir refuser ces enregistrements, puis retirer votre consentement aussi simplement que vous l’avez donné. En cas de non-respect de vos droits, une plainte peut être adressée à la CNIL, qui prévoit d’accompagner les professionnels dans les prochains mois et de procéder aux contrôles qu’elle jugera pertinents.