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Dossier : Pourquoi j’ai quitté Google pour Infomaniak et pourquoi je ne le regrette pas
Acteur suisse reconnu dans le domaine du web depuis trois décennies, Infomaniak propose depuis quelques années une suite d’outils cloud destinés à rivaliser avec l’écosystème de Google. Je l’utilise sans regret après avoir quitté Gmail, Drive et tout le reste pour des questions de vie privée et de souveraineté.
© Corentin Béchade pour Frandroid - Bye-bye Google. Bonjour Infomaniak
Depuis de longues années maintenant, j’essaie de m’émanciper de Google autant que faire se peut. Après avoir passé 15 ans à structurer ma vie autour de mon adresse Gmail, à stocker tous mes documents sur Drive et à renseigner tous les événements de ma vie dans Google Agenda, j’ai lentement abandonné le confortable écosystème du géant de la recherche afin de m’extraire de l’emprise des firmes étasuniennes et mettre le beau principe de souveraineté numérique à l’épreuve.
Cela m’a d’abord poussé à dégoogliser partiellement mon smartphone, puis à me passer complètement d’Android au profit de GrapheneOS, et enfin à remplacer un maximum d’applications de mon ancienne vie par des équivalents libres et respectueux de mes données. Néanmoins, il me manquait encore une vraie suite d’outils en ligne capable de centraliser mon carnet d’adresses, mes documents professionnels et mon agenda. Bref, un équivalent à mon compte Google.
Après avoir brinquebalé mes données à travers plusieurs écosystèmes plus ou moins aboutis, mon choix s’est fixé sur la kSuite d’Infomaniak, que j’utilise joyeusement depuis plus de deux ans maintenant.
Durant ma lente émancipation des griffes de Google, j’ai à plusieurs reprises envisagé l’auto-hébergement. Quelle meilleure manière de reprendre le contrôle de ses données qu’en les hébergeant soi-même sur un Raspberry Pi ronronnant dans le salon, après tout ? Hélas, la maintenance régulière du système, les risques en matière de cybersécurité et les inévitables bugs ont rapidement eu raison de ma bonne volonté.
Me restaient donc les offres des entreprises “vertueuses”, comme Proton, Murena, Tuta ou… Infomaniak. Ayant déjà un compte email chez Proton, j’ai tenté de me fondre dans son écosystème, mais si l’entreprise suisse offre un excellent client de gestion de courriels, le reste de ses outils manque de polish. Le drive et l’agenda en ligne sont assez minimalistes, et la gestion des contacts est tout bonnement inexistante. De plus, le chiffrement offert par l’entreprise, aussi rassurant soit-il, complique l’interopérabilité et l’intégration avec d’éventuels logiciels tiers.
Murena Workspace, avec son tropisme pro-logiciel libre et son implantation en France, aurait pu me plaire. Là aussi, le serveur Nextcloud mis à disposition par la firme souffre d’une ergonomie et d’une réactivité encore un peu trop bancales à mon goût. Cela éliminait de fait les autres entreprises se reposant sur Nextcloud, comme Zaclys, chez qui j’ai tenté l’aventure aussi.
La suite d’Infomaniak propose de nombreux logiciels différents.
Restait donc Infomaniak (également basée en Suisse), qui se repose sur des solutions maison pour offrir un hébergement email, un agenda en ligne, un espace de stockage avec des outils d’édition collaboratifs et beaucoup d’autres services. Le tout est gratuit. Et si le processus d’inscription peut s'avérer un peu confus (la faute à une collection d’abonnements payants pro ou perso pas toujours très bien présentée), il faut avouer que l’écosystème est séduisant, bien fini et très accessible pour tous les transfuges de chez Google.