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L'interpellation très musclée d'une infirmière à Montpellier était-elle justifiée ?
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L’équipe de "Vrai ou Faux" se penche, ce samedi 7 novembre, sur les images d'une infirmière interpellée de façon très musclée à Montpellier par des policiers. Que s'est-il réellement passé ce jour-là ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Une infirmière scolaire interpellée violemment lors d'un blocage de lycée à Montpellier (Hérault), mise au sol face contre terre, puis menottée. La vidéo a suscité l'indignation de plusieurs élus, dont le maire de la ville. "Je demande à ce qu'une enquête interne soit diligentée, car rien ne saurait justifier de tels actes individuels", a écrit Mickaël Delafosse sur X. Pour la préfète de l'Hérault, au contraire, l'interpellation est parfaitement justifiée. "La liberté de manifester ne comprend pas celle de bloquer, encore moins de s'en prendre directement aux forces de l'ordre", estime-t-il.
Alors, que s'est-il passé devant ce lycée ? L'équipe de "Vrai ou Faux" a mené l'enquête. La scène a lieu à Montpellier devant le lycée Jean Monnet aux alentours de 9h30, le lundi 2 novembre. Ce matin-là, des étudiants bloquent l'une des entrées de leur établissement, jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre. Sur des images amateurs, on voit les gendarmes appeler à la dispersion du blocage. Ils vont ensuite s'avancer lentement vers les manifestants. À ce moment-là, plusieurs professeurs et membres de l'encadrement scolaire décident de former une chaîne humaine pour s'interposer.
L'équipe de "Vrai ou Faux" a montré les images à Olivier Cahn, professeur de droit pénal à l'Université Paris-Nanterre et spécialiste du maintien de l'ordre. "On entend la dernière sommation. À partir du moment où les sommations ont été faites, tout le monde se trouve dans la situation d'un attroupement et est donc susceptible d'être interpellé ou (...) d'être dispersé par la force", cadre-t-il.
Mais regardons ce qu'il s'est passé juste après. Parmi les encadrants, Sabine, 53 ans, est l'infirmière de l'établissement. Sur un angle, on l'aperçoit tomber sous la charge policière. Elle est traînée au sol par un gendarme, avant de se relever ensuite, dans un second temps. L'infirmière s'adresse aux forces de l'ordre, sans que l'on puisse distinguer ce qu'elle dit. C'est à ce moment qu'elle est plaquée au sol et menottée. Sabine sera placée en garde à vue pour outrage à agents, rébellion et participation à un attroupement.
Après dix heures de garde à vue dans un commissariat de Montpellier, l'infirmière a été relâchée sans aucune charge retenue contre elle. Une caméra piéton, obtenue ensuite par le parquet, confirmerait néanmoins des insultes de la part de l'infirmière. Mais cela justifie-t-il l'intervention brutale des policiers ? "On a effectivement une interpellation très musclée. On ne menotte que quelqu'un qui est dangereux pour lui-même ou pour autrui. La question, c'est : est-ce qu'il y a eu outrage ?, réagit Olivier Cahn. Ça justifie l'interpellation. Le droit d'interpellation n'implique pas l'autorisation de recourir à une force excessive."
Dispersion réglementaire, interpellation problématique. Interrogée, la préfecture maintient sa communication, estimant l'interpellation "justifiée". Pas de réponse donc, sur le fond de larrestation musclée.
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