// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
La Fifa veut corriger une anomalie qui touche le football féminin depuis toujours
Depuis quelques années, la Fédération française met l’accent sur le développement du football féminin. Et hier, l’équipe de France a accroché la 3e place de la Ligue des nations. Mais des chercheurs soulignent aujourd’hui qu’il y a quelque chose d’assez injuste dans les conditions qui sont imposées aux filles qui jouent au foot…... Lire la suite
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Risques de blessures accrus, cycle menstruel ignoré, besoins spécifiques passés sous silence : le football féminin évolue encore avec des références masculines. La Fifa veut désormais combler ce retard et faire tomber les tabous.
Saviez-vous que, dans le domaine du football féminin, la manière de prévenir les accidents, de planifier les entraînements, de s'entraîner, de prendre en compte les besoins physiologiques... a toujours été basée sur ce qui se faisait dans le football masculin et que, malgré les spécificités des femmes, on continue de leur appliquer ce qui a été appris chez les hommes pour préserver leur santé et développer leurs performances ?
Pourtant, à la différence des hommes, les femmes ont des cycles hormonaux influençant leurs performances, elles peuvent souffrir de douleurs menstruelles, tomber enceintes, vivre une ménopause...
On sait aussi que les athlètes féminines ont entre trois et six fois plus de risques de se blesser aux ligaments croisés que les hommes. « Ce qui est frustrant, c'est que, malgré les recherches menées au fil des ans sur les lésions du ligament croisé antérieur et le cycle menstruel, les enseignements tirés de ces études restent largement lettre morte », se désole Aura Harvey, l'entraîneuse ayant remporté le plus de victoires en saison régulière dans l'histoire de la National Women's Soccer League (NWSL) des États-Unis, qui travaille sur ce sujet avec la FIFA.
Tous ces facteurs peuvent limiter les performances et perturber les carrières des joueuses. Pourtant, le sujet de la spécificité des femmes reste un sujet tabou dans le monde du football.
Une analyse de plus de 5 000 études en sciences du sport publiées entre 2014 et 2020 a révélé que seulement 6 % des recherches portent exclusivement sur les femmes et seulement 8 % des athlètes féminines de haut niveau possèdent des connaissances suffisantes sur l’influence du cycle menstruel sur leur entraînement et leurs performances.
De nombreuses méthodes d’entraînement, modèles de charge de travail et repères de performance utilisés dans le sport ont historiquement été dérivés de données concernant les athlètes masculins. Ceci a obligé les athlètes féminines à s’adapter à des systèmes qui peuvent ne pas refléter leurs propres caractéristiques physiologiques uniques.
Pour combler ces lacunes et briser les tabous, la Fifa a décidé de mettre en place un nouveau programme mondial de formation appelé Fifa Female Health and Performance Project (Santé et Performance féminines). Conçu pour mieux équiper le football féminin, du niveau amateur au niveau élite, il devrait donner au football féminin accès à une science qui reflète réellement les athlètes qui le pratiquent afin d'optimiser leur santé et leurs performances.