// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Pourquoi laisser son chat sortir n'est pas sans risque pour toute la famille
Votre chat passe ses journées à explorer le quartier avant de rentrer réclamer sa gamelle et quelques caresses ? Selon une nouvelle étude, ces escapades pourraient aussi l'exposer à de nombreux microbes, parasites et virus susceptibles d'être rapportés jusqu'au foyer.
Avec 16,6 millions d'individus recensés en France, le chat figure parmi les animaux de compagnie les plus présents dans les foyers français.
Selon le dernier baromètre de la Facco (Fédération des Fabricants d'Aliments pour Chiens, Chats, Oiseaux et autres animaux familiers), 39 % des Français déclarent vivre avec au moins un félin. Mais derrière les longues siestes sur le canapé et les escapades dans le voisinage se cache une réalité moins connue.
Une vaste étude internationale, publiée dans Plos Pathogens, suggère en effet que les chats domestiques qui vagabondent sont presque aussi exposés aux maladies que les chats errants.
Les propriétaires de matous pensent souvent que les vaccins, les vermifuges et les visites régulières chez le vétérinaire suffisent à protéger leur compagnon. Pourtant, la méta-analyse menée par des chercheurs de l'University of British Columbia montre que la réalité est plus complexe.
Ils ont compilé les données de 604 études portant sur plus de 174 000 chats répartis dans 88 pays. Leur objectif : déterminer comment le mode de vie du chat influence son risque d'être porteur d'agents pathogènes transmissibles à l'être humain.
Les résultats sont sans appel. Les chats ayant accès à l'extérieur présentent un risque d'infection trois à cinq fois plus élevé que les chats vivant exclusivement à l'intérieur. Plus surprenant encore, selon Amy G. Wilson, auteur principal de l'étude, « leur niveau de risque est comparable à celui observé chez les chats errants ».
Au total, 124 agents pathogènes ont été recensés, dont près de 100 zoonotiques, c'est-à-dire capables d'infecter à la fois les animaux et les humains. Parmi eux figurent notamment Toxoplasma gondii, responsable de la toxoplasmose, certaines bactéries du genre Salmonella, des vers intestinaux ou encore le virus de la rage dans les régions où il circule encore.
Lors de ses explorations, un matou peut chasser un rongeur, boire dans une flaque, traverser plusieurs jardins ou croiser d'autres chats. Autant d'occasions d'entrer en contact avec des parasites, bactéries ou virus qui passent souvent inaperçus aux yeux de leur propriétaire.
Beaucoup de propriétaires ont déjà retrouvé une souris ou un oiseau sur le pas de leur porte. Mais selon les chercheurs, nous sous-estimerions largement les talents de chasseurs de nos compagnons à quatre pattes. Les captures de proies seraient sous-évaluées d'environ 80 %, ce qui signifie que la plupart de leurs aventures restent inconnues de leurs humains.