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Actualité : Édito - WWDC 2026 : Pourquoi la dernière conférence de Tim Cook chez Apple nous a laissé un goût amer
Avec sa WWDC 2026, Apple espérait rassurer sur son avenir logiciel et son virage dans l’intelligence artificielle. La conférence d’ouverture de cet événement annuel très attendu nous a pourtant laissé un goût d’inachevé, entre un retour de Siri sous perfusion, des nouveautés aux allures de corrections et un déploiement européen en suspens.
© Apple - C'était la dernière de Tim Cook, qui passera le relais à John Ternus dans les prochains mois.
Il y a des keynotes Apple qui donnent envie de sortir la carte bancaire avant même le clap de fin. Je sais de quoi je parle, je suis le premier à avoir été convaincu par le lancement des iPhone 17, je ne suis donc pas totalement hostile. Mais il y a aussi des conférences, déguisées en démonstrations de force, pensées pour aligner les annonces “wahou”, qui font l’effet d’une douche froide. À mes yeux, la WWDC 2026 était clairement de celles-ci.
Apple avait un message à faire passer : interface, IA, AirPods, sécurité des enfants, tout y est passé et la firme n’a cessé d’annoncer des améliorations, comme un aveu d’échec à peine dissimulé. Résultat ? Plus les pontes de Cupertino enchaînaient les superlatifs, plus la mélodie sonnait faux. Derrière le vernis impeccable, cette conférence tenait en effet moins de l’événement historique que d’un baroud d’honneur en demi-teinte pour Tim Cook.
La marque à la pomme ne dira évidemment jamais qu’elle s’est trompée. Chez Apple, on ne corrige pas une erreur, on “améliore l’expérience”. Traduction : Liquid Glass, l’interface transparente censée incarner le futur, avait fini par donner à certains des migraines ophtalmiques. Avec iOS 27, Apple remet ainsi du contraste, rend les icônes plus lisibles et limite la transparence. Merci, monseigneur est trop bon.
Même parfum de rattrapage avec les AirPods. Pendant des années, Apple a laissé entendre que le “bon” son était celui décidé à Cupertino. Et voilà qu’arrive enfin un égaliseur. Trois réglages, pas une table de mixage, mais assez pour reconnaître que tous les fans de la firme californienne n’ont pas la même sensibilité, et qu’après nos mirettes, il était temps de nous laisser choisir le meilleur pour nos oreilles.
Le clou du spectacle devait être le volet sur l’intelligence artificielle. Siri AI était censé effacer les retards, les promesses repoussées et l’image d’un assistant vocal très fort pour lancer un minuteur, mais souvent perdu dès qu’on lui demande autre chose. Sauf que pour parfaire ce tour de magie tant attendu, Apple a un invité en coulisses, et comme les fuites le laissaient entendre, il s’agit de Google Gemini.
Pour remettre Siri dans la course, Apple s’appuie donc sur le modèle de son grand rival de Mountain View. Ce n’est pas honteux en soi ; dans la tech, tout le monde emprunte à tout le monde avant de mettre une jolie étiquette par-dessus. Mais pour une entreprise qui vend depuis toujours le contrôle total de son écosystème, le symbole pique.
Là où Apple voulait raconter une reconquête, je vois surtout une dépendance. C’est un peu comme annoncer l’ouverture d’un restaurant gastronomique où le fait maison est fièrement affiché, avant d’apprendre que le plat principal arrive en Uber Eats. Ce sera peut-être bon, mais le repas n’a plus forcément la même saveur.
Et puis il y a l’ultime déception. La nouveauté la plus enthousiasmante de cette conférence ne sera pas disponible dans l’UE au lancement. Pour les utilisateurs européens, l’app Siri AI reste à l’état de bande-annonce. On va regarder les autres jouer avec un jouet neuf pendant qu’on garde l’ancien, celui qui comprend “mets un réveil à 7h” les bons jours et propose une recherche web les mauvais.