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Actualité : Tesla a-t-il menti sur la sécurité de sa conduite autonome pour séduire l'Europe ?
Tesla aurait clairement joué la carte du marketing pour séduire les pays européens autour de la conduite autonome (FSD), mais avec des chiffres trompeurs.
© Mark Roger Bailey/Shutterstock - Tesla dit beaucoup de choses, jugées comme trompeuses, pour séduire les régulateurs européens
Alors qu’un cinquième pays européen vient de valider la conduite autonome, Tesla aurait finalement berné tout le monde pour déployer cette fonctionnalité clé sur nos routes. Selon une nouvelle enquête de Reuters, le constructeur automobile d’Elon Musk aurait présenté “des données de sécurité trompeuses” à son sujet pour accélérer le processus d’adoption.
D'après des documents obtenus par Reuters via des demandes d'accès à l'information, Tesla a présenté des données de sécurité gonflées à certains organismes de réglementation européens.
Tout commence au moment de la quête effrénée de Tesla pour obtenir le feu vert des régulateurs suédois et néerlandais pour sa conduite autonome, le Full Self-Driving (FSD), en avril 2026. Reuters partage ainsi que ce sont “des statistiques de sécurité auto-publiées” qui ont été partagées aux autorités, “qualifiées de marketing trompeur” par des chercheurs indépendants en matière de sécurité routière.
Dedans, on y retrouvait notamment des déclarations comme le fait que cette technologie était jusqu’à 10 fois plus sûre que les conducteurs humains ; qu’elle pourrait sauver 32 000 vies et éviter 1,9 million de blessures ; ou encore que les Tesla avec FSD activé pouvaient parcourir une distance sept fois supérieure entre deux accidents à celle d'un conducteur humain américain moyen.
Pour les spécialistes, ces chiffres sont hautement trompeurs, reposant sur des scénarios irréalistes et des comparaisons biaisées. D'une part, Tesla imagine de manière irréaliste que le FSD remplacerait tous les véhicules américains (motos et camions inclus). D'autre part, la firme compare ses seuls accidents graves (avec déclenchement d'airbags) au taux global américain, qui intègre pourtant des chocs mineurs et des voitures bien plus anciennes.
“Si Tesla veut avancer des arguments de sécurité, qu’ils confient leurs données à une université pour une vérification indépendante”, s'insurge Dudley Curtis, porte-parole de l'ONG European Transport Safety Council, visant à réduire le nombre de morts et de blessés sur les routes européennes.
Malgré ces alertes, le régulateur néerlandais (RDW) a validé le FSD en premier au cours du mois d’avril 2026, poussant ainsi son homologation à l'échelle de l'Union européenne. Outre des validations individuelles précoces dans déjà 5 pays, la France et d’autres membres de l’Union européenne attendent la décision finale de la Commission.
Le système de conduite autonome devra précisément obtenir le vote favorable de 55 % des États membres, au cours des mois à venir, afin d’être définitivement légalisé sur tout le Vieux Continent. Reste donc à savoir si tout le monde gobera les données “trompeuses” partagées par Tesla, ou si certains la valideront ou se rétracteront finalement après l’avoir testée de façon préventive sur leurs routes.