// CLUBIC — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Plus de 1 200 salariés d'OpenAI, Google et Anthropic veulent ralentir l'IA
Et si les premiers à tirer le frein à main sur l'IA étaient... ceux qui la construisent ? Plus de 1 200 salariés du secteur signent une déclaration qui appellent un ralentissement collectif.
D'habitude, ce sont les associations ou les régulateurs qui montent au créneau contre l'emballement de l'intelligence artificielle. Mais la discipline progresse à un rythme que ses propres créateurs jugent de plus en plus difficile à maîtriser. Face à cet emballement de l'IA, cette fois, l'alerte vient de l'intérieur même des laboratoires. Baptisée « Pacing the Frontier », une déclaration signée par plus de 1 200 employés d'OpenAI, Google, Meta et Anthropic, mise en ligne ce mercredi 29 juillet 2026, demande au gouvernement américain de se doter des outils nécessaires pour ralentir, de façon concertée entre entreprises et pays, le développement des IA les plus avancées. Avant qu'il ne soit trop tard…
Le texte publié sur le site pacingthefrontier.com a, forcément, de quoi surprendre sur le papier, car il émane directement des salariés des entreprises qui construisent, chaque jour, un peu plus de cette IA qui inquiète tant. Les signataires ne rejettent pas la technologie en bloc, loin de là, puisqu'ils reconnaissent qu'elle pourrait ouvrir la voie à un futur nettement meilleur. Mais ils insistent, cette issue positive n'a rien d'automatique.
Les grandes entreprises du secteur estiment être sur le point d'automatiser la recherche en IA elle-même, et c'est tout le problème. Concrètement, ce ne seraient plus seulement des humains qui concevraient et amélioreraient les IA, mais les IA elles-mêmes qui prendraient le relais pour concevoir la génération suivante, plus vite et à plus grande échelle que des chercheurs humains. Un cercle qui s'auto-alimente et qui, selon les signataires, risque de faire grimper les capacités de ces systèmes plus vite que notre capacité à seulement les comprendre, sans même parler de les garder sous contrôle.
Le souci, soulignent-ils, c'est qu'aucun acteur ne peut se permettre de ralentir seul. Chaque entreprise, et chaque pays, y compris la Chine, qui réfléchit elle aussi à des contrôles sur ses propres technologies d'IA, reste sous une pression concurrentielle qui pousse à l'accélération permanente. D'où leur demande précise : que Washington soutienne un effort international pour bâtir les outils techniques et les mécanismes de gouvernance capables de « paciser » collectivement le développement de l'IA de pointe.
Les signataires ajoutent d'ailleurs que leur demande s'appuie sur des initiatives déjà en cours pour surveiller les sorties de modèles les plus puissants. C'est une manière de rappeler que le sujet du contrôle collectif de l'IA n'est pas nouveau, mais qu'il devient, à leurs yeux, de plus en plus urgent à mesure que les capacités progressent.
Bon, on ne va pas se mentir, la liste des signataires impressionne. Ce ne sont pas de simples employés anonymes qui s'expriment, sans vouloir froisser qui que ce soit, car on y retrouve Dario Amodei, le patron d'Anthropic en personne, aux côtés de plusieurs cofondateurs de l'entreprise comme Jared Kaplan ou Chris Olah, ainsi que d'autres membres reconnus en interne comme Jan Leike. Autant de signatures qui donnent du poids au texte, puisqu'elles émanent directement de ceux qui dirigent ou ont fondé ces laboratoires, et non de voix extérieures au secteur.
Chez OpenAI, la liste compte notamment Jakub Pachocki, chef scientifique de l'entreprise, c'est-à-dire celui qui supervise l'ensemble des recherches, ainsi que Mark Chen, directeur de la recherche, et Saachi Jain, qui chapeaute la sécurité, autrement dit l'équipe chargée d'anticiper les dérives possibles des futurs modèles. Même son de cloche du côté de Google et de Meta, où l'on retrouve Shengjia Zhao, chef scientifique de Meta AI, et Anca Dragan, vice-présidente en charge de la sécurité et de l'alignement chez Google, un poste dédié à s'assurer que les IA se comportent conformément aux intentions de leurs créate