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Split, multisplit ou monobloc : le lexique pour comprendre le devis de votre installateur de climatisation
« Liaisons frigorifiques », « fluide R32 », « tirage au vide », « dudgeons »… Ces termes s’enchaînent sur un devis d’installation sans qu’aucun ne soit expliqué. La ligne « main-d’œuvre », elle, pèse lourd dans le prix de la pose, parfois plusieurs milliers d’euros. Derrière ce jargon, la mécanique reste pourtant simple à visualiser. Comprendre comment la machine est faite, c’est comprendre où part votre argent.
Une climatisation déménage la chaleur : elle la prend dans une pièce et la rejette dehors, un peu comme un camion. Trois pièces font ce travail, et il faut les connaître pour lire un devis. Le fluide frigorigène (le R32, ou le R410A sur les installations plus anciennes) joue l’éponge : il s’évapore à très basse température et absorbe la chaleur de l’air. Le compresseur, lui, presse ce gaz pour lui faire relâcher la chaleur à l’extérieur. C’est une grosse pièce mécanique, lourde, gourmande en électricité au démarrage et surtout bruyante. Retenez bien où il se trouve, car c’est la clé de tout.
Restent les liaisons frigorifiques, les tuyaux qui font circuler le fluide. Ce sont des tubes en cuivre isolés, capables d’encaisser une pression énorme : le fluide monte à plus de 40 bars, soit une quinzaine de fois la pression d’un pneu de voiture. Mal pliés, ils cassent ; mal raccordés, ils fuient. Pour le reste des lignes techniques, on a déjà expliqué comment lire une fiche technique de climatiseur.
Le monobloc, c’est le tout-en-un : compresseur, fluide, ventilateur, tout tient dans une seule carrosserie. Ce sont les climatiseurs mobiles sur roulettes, ou des modèles fixes accrochés au mur. Le compresseur se retrouve donc chez vous, dans le salon ou la chambre. Côté confort, ça se paie : l’appareil est bruyant, et il faut évacuer l’air chaud par une fenêtre entrouverte ou par deux trous de 15 à 20 cm percés dans la façade. Sur le devis, c’est le système le moins cher : main-d’œuvre nulle pour un mobile, deux trous et une prise pour un fixe.
Le split (« séparé » en anglais) coupe la machine en deux. L’unité intérieure, la boîte blanche accrochée au mur, ne garde qu’un filtre, un échangeur froid et un ventilateur silencieux. Le compresseur, lui, part dehors, dans le groupe extérieur posé au sol ou fixé à la façade. Côté confort, c’est le jour et la nuit : on n’entend plus qu’un souffle d’air. Certains modèles haut de gamme vont même jusqu’à repérer où vous êtes dans la pièce pour ne plus vous souffler dessus. Seul revers, le groupe extérieur ronronne dehors, et si vous n’optez pas pour du haut de gamme, ce bruit peut vite tendre les relations de voisinage.
L’installation, elle, se complique, et c’est là que le devis se justifie. L’artisan perce un trou d’environ 6 cm de diamètre, déroule les cuivres, réalise des « dudgeons » (il évase le bout du tube pour créer un joint étanche), teste la pression sous azote, puis effectue un « tirage au vide » : il aspire l’air et l’humidité des tuyaux avant d’y lâcher le gaz. Comptez une bonne demi-journée. Manipuler ce fluide n’a rien d’anodin, au point qu’installer un split soi-même est encadré par la loi.
« Multi » veut dire plusieurs. Pour climatiser trois chambres et un salon sans coller quatre groupes dans le jardin, on relie plusieurs unités intérieures à un seul gros groupe extérieur : bi-split, tri-split ou quadri-split selon leur nombre. Le compresseur reste dehors, mais plus puissant.
La facture de pose grimpe pour une raison physique simple : chaque unité intérieure doit être reliée par ses propres tuyaux en cuivre jusqu’au groupe extérieur. Pour un quadri-split, ce sont quatre paires de cuivres qui traversent la maison comme une toile d’araignée. L’artisan tire des dizaines de mètres de tube rigide, perce des murs porteurs et parfois une dalle en béton, rampe dans les combles. Il pose ensuite des « goulottes », ces caches en plastique blanc qui masquent les tuyaux le long des murs. Le travail est long à faire proprement, et il se poursuit sur la façade, où l’on cherche parf