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Faillite du n°1 du vélo en Erope : 370 salaires versés jusqu’à octobre 2026, la course contre la montre est lancée pour les filiales allemandes
Accell Group était jusque-là considéré comme le n°1 du vélo en Europe. L’entreprise néerlandaise réunit des marques connues comme Batavus, Koga, Sparta, Babboe, le britannique Raleigh, le français Lapierre et les allemands Haibike, Ghost et Winora.
Début août 2026, Accell Group a obtenu un sursis de paiement provisoire et engagé des procédures d’insolvabilité, après l’échec des négociations de rachat avec le groupe singapourien Dutech.
Cette crise a entraîné une série de dépôts de bilan de ses filiales dans différents pays. La marque française Lapierre, par exemple, a déposé une demande d’ouverture de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Dijon. Si le tribunal ouvre la procédure, une période d’observation doit donner à l’entreprise le temps de poursuivre son activité, de consolider son plan de redressement et de faire entrer un investisseur capable de financer durablement son avenir.
Parmi elles aussi figurent Accell Germany GmbH et ses filiales allemandes, apprend-on dans les colonnes de Pedelec Elektro.
Le 5 août 2026, Accell Germany GmbH, basée à Sennfeld, a déposé une demande d’ouverture de procédure d’insolvabilité en auto-administration auprès du tribunal de Schweinfurt. Ses filiales Winora Staiger GmbH et Ghost-Bikes GmbH, fabricants de vélos et de vélos électriques, ainsi que le grossiste en pièces et accessoires Engelbert Wiener Bike Parts GmbH, ont fait la même démarche le même jour.
L’auto-administration est une procédure sous protection du tribunal où la direction garde la main et pilote le redressement avec l’aide d’experts, au lieu de tout confier à un administrateur extérieur. L’objectif affiché est de restructurer les sociétés allemandes et trouver un investisseur capable de les détacher du groupe international. En attendant, l’activité continue et les salaires des quelque 370 employés allemands sont garantis par l’assurance insolvabilité jusqu’à fin octobre 2026.
Du côté des administrateurs, le discours se veut rassurant. « La procédure d’administration autonome nous offre la possibilité d’aborder la restructuration des sociétés allemandes de manière structurée, malgré un contexte de marché difficile », explique Martin Mucha, avocat au cabinet Grub Brugger à Stuttgart.
Son associé Hans Konrad Schenk, du même cabinet à Francfort, mise d’ailleurs sur la solidité des marques pour trouver une solution : « Après le boom engendré par la pandémie, le marché des vélos et des vélos électriques a traversé une crise qui continue de poser d’importants défis à de nombreux fabricants. Avec Winora, Haibike, Ghost et E. Wiener Bike Parts, les sociétés allemandes du groupe Accell possèdent des marques établies, bien positionnées sur le marché et bénéficiant d’une clientèle fidèle. Cela constitue une base solide pour la restructuration. »
Tout dépendra maintenant des repreneurs potentiels. « La réussite de cette restructuration dépend de nombreux facteurs, notamment de l’évolution du marché et de la volonté de toutes les parties prenantes de coopérer de manière constructive. Nous restons néanmoins optimistes et mettrons tout en œuvre pour trouver des investisseurs désireux de pérenniser les activités allemandes du groupe Accell et ses marques établies », ajoute Mucha.
Pour les clients, rien ne s’arrête dans l’immédiat : production, livraisons et service après-vente se poursuivent. En revanche, la garantie et l’approvisionnement en pièces détachées sur le long terme dépendront entièrement des repreneurs, marque par marque. Un rachat en bloc du groupe paraît aujourd’hui peu probable. Le scénario le plus vraisemblable est un démantèlement, chaque marque cherchant un repreneur de son côté, avec des chances de survie très inégales.