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J’ai testé le Canon EOS R6 V : Canon tient enfin son hybride pensé pour la vidéo
Même capteur que la Cinema EOS C50, mêmes cadences, mêmes profils Log. Avec la stabilisation capteur en plus.
Les appareils photo hybrides Canon filment bien. Très bien, même. L’EOS R5 II monte en 8K avec son capteur empilé de 45 Mpx, le R6 III plafonne en 7K avec le 32,5 Mpx hérité de la Cinema EOS C50. Les deux embarquent des profils Log sérieux et un des meilleurs autofocus du marché. Mais ce sont des appareils photo. On le sent au bout de vingt minutes de tournage, quand la surchauffe arrive ou quand il faut aller chercher une fonction vidéo à trois niveaux de menu.
Canon a commencé à répondre en septembre 2025 avec la Cinema EOS C50, premier boîtier à recevoir ce capteur de 32,5 Mpx. Une vraie caméra, avec ses menus Cinema EOS, sa poignée à deux entrées XLR et son tarif proche de 4 000 euros.
L’EOS R6 V reprend ce capteur, ces modes vidéo, ces profils Log et ce refroidissement actif. Il les installe dans un corps d’hybride, ajoute la stabilisation capteur dont la C50 est dépourvue, et s’affiche à 2 499 euros. Le reste du test consiste à savoir ce que l’on perd dans l’opération.
De loin, le boîtier ressemble à un hybride Canon amputé de son viseur. De près, c’est autre chose. Le ventilateur occupe la place du viseur, les commandes ont été redistribuées autour du tournage, et Canon a même ajouté un pas de vis sous le flanc gauche pour visser le boîtier à la verticale. On ne fait pas ça pour un appareil photo.
Canon accompagne le lancement d’un objectif inédit, le RF 20-50 mm F4 L IS USM PZ. Zoom motorisé, focale qui démarre à 20 mm, focus breathing corrigé : la cible est claire. Ce sont les créateurs qui tournent seuls, du format vertical à la production plus ambitieuse.
Face à la C50 d’un côté et à une Sony FX3 installée depuis cinq ans de l’autre, le R6 V doit prouver qu’il est autre chose qu’un arbitrage comptable.
Ce test a été réalisé avec un appareil prêté par Canon.
La fabrication ne souffre aucune critique. Le boîtier est tropicalisé, la poignée reste profonde et la prise en main est excellente pour un appareil de 598 grammes nu, 688 grammes avec batterie et carte. On tient un outil, pas un objet de vitrine.
Le changement le plus visible par rapport à l’EOS R6 reste l’absence de viseur électronique, remplacé par le bloc de ventilation. On perd la visée à l’œil, on gagne des durées d’enregistrement qui ne dépendent plus de la température ambiante. Le calcul est vite fait quand on tourne. Il l’est beaucoup moins quand on photographie en plein soleil, et j’y reviendrai.