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« Risque inacceptable » : les onduleurs des panneaux solaires chinois et européens bannis par crainte d’une attaque énergétique aux Etats-Unis
En janvier 2026, le Département américain de l’Énergie avait mené une analyse sur une trentaine d’onduleurs chinois afin de rechercher la présence éventuelle de dispositifs de communication malveillants. Aucun équipement risqué n’avait alors été détecté. Pour autant, les autorités américaines ne sont toujours pas rassurées.
Fin juillet, une nouvelle mesure a ainsi été annoncée : les nouveaux modèles d’onduleurs fabriqués à l’étranger, quelle que soit leur origine, sont désormais interdits. La Commission fédérale des communications, ou FCC (Federal Communications Commission), les a ajoutés à sa liste des équipements considérés comme risqués pour la sécurité nationale.
Plus concrètement, la mesure concerne les nouveaux modèles d’onduleurs fabriqués hors des États-Unis, même ceux commercialisés par une marque américaine qui fait fabriquer ses équipements à l’étranger. Depuis l’annonce de la mesure, ces modèles ne peuvent plus obtenir l’homologation de la FCC, une autorisation indispensable à leur commercialisation sur le marché américain.
En revanche, les onduleurs fabriqués à l’étranger qui avaient déjà obtenu cette homologation avant l’entrée en vigueur de la mesure ne sont pas concernés.
La décision fait suite à un examen interministériel mené au sein du pouvoir exécutif américain, à la demande de la Maison Blanche. Après évaluation des risques associés aux onduleurs fabriqués à l’étranger, il a été conclu que ces équipements présentaient un « risque inacceptable » pour la sécurité nationale ainsi que celle des citoyens américains.
Aux États-Unis, comme dans les pays d’Europe, la crainte porte principalement sur la connectivité des onduleurs solaires. Ils peuvent être connectés à des réseaux de télécommunication, et par conséquent devenir potentiellement une porte d’entrée pour un pays hostile. Un acteur malveillant pourrait théoriquement exploiter une mise à jour logicielle pour perturber le fonctionnement des installations photovoltaïques ou des systèmes de stockage aux États-Unis.
Cette affaire ne date pas d’hier. En mai 2025, une enquête de Reuters révélait la présence de dispositifs de communication non déclarés dans certains onduleurs solaires chinois installés aux États-Unis. Ces composants, qualifiés de « fantômes » car absents de la documentation officielle, avaient fait craindre un accès à distance non autorisé au réseau électrique. C’est ce signalement qui a lancé toute la série d’examens côté américain.
Selon des données du Département de l’Énergie citées par la FCC, en 2020, seulement 7 % des livraisons d’onduleurs aux États-Unis provenaient de fabricants dont le siège social était situé dans le pays. Depuis, la capacité de production américaine a progressé sous l’effet de la loi Inflation Reduction Act (IRA) soutenant le développement des entreprises œuvrant pour la transition énergétique. Pour autant, les États-Unis restent encore fortement dépendants des importations.
À court terme, la nouvelle mesure ne devrait toutefois pas avoir d’effet majeur sur le marché américain. Les modèles déjà homologués peuvent continuer à y être commercialisés. La FCC leur a par ailleurs accordé une dérogation leur permettant de continuer à recevoir certaines mises à jour logicielles et micrologicielles.
De plus, tous les fabricants étrangers ne seront pas définitivement exclus du marché. La réglementation prévoit une autorisation conditionnelle permettant à certaines entreprises de demander une exception à l’interdiction de nouvelles homologations.