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Actualité : Pourquoi laver votre linge à basse température cache un danger invisible pour votre santé
Les programmes à 60°C ou les cycles "Express" de nos machines à laver affichent des performances réelles bien éloignées des promesses des fabricants ; une réalité technique qui transforme nos tambours en incubateurs de super-bactéries.
Dans une quête légitime d'économies d'énergie et de gain de temps, nous sommes de plus en plus nombreux à privilégier les cycles courts, les modes "Éco" (qui ne le sont pas toujours) ou les lavages à basse température (30°C ou 40°C). Pour le linge du quotidien, l'illusion est parfaite : les vêtements ressortent propres et sentent bon le frais.
Pourtant, sous la surface des fibres, la réalité est tout autre. Une équipe de chercheurs vient de publier une étude que certains qualifieraient d'alarmante (voire d'alarmiste) dans la revue scientifique PLoS ONE. Leurs conclusions révèlent que nos habitudes de lavage modernes, combinées aux failles techniques de nos appareils électroménagers et à la composition des lessives, empêchent une désinfection réelle. Pire, tout cela favoriserait même l'émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques et cela au cœur même de nos maisons.
Pour évaluer l'efficacité réelle de nos lave-linge domestiques dans l'élimination des germes et autres agents pathogènes, les scientifiques ont équipé six lave-linge de quatre marques différentes (Hoover, Indesit, AEG et Beko) de capteurs thermiques et de bio-indicateurs. Les résultats mettent en lumière un gouffre technique entre la température que l'on sélectionne sur le panneau de commande et la réalité physique à l'intérieur du tambour.
Sur des cycles longs pourtant réglés sur 60°C, seulement 66 % des appareils atteignent une température suffisante pendant assez de temps pour désinfecter correctement les vêtements Durant l'étude, deux machines testées n'ont jamais réussi à atteindre la température cible et un modèle défaillant n'a pas dépassé les 25°C pendant tout le lavage, sans que l'utilisateur ne puisse s'en rendre compte, puisque l'appareil a validé son programme sans afficher le moindre message d'erreur pour alerter l'utilisateur : dommage quand on croit laver son linge blanc à haute température pour en éliminer les pathogènes.
Haier a beaucoup communiqué sur son joint traité anti-bactérien.
Même si cela n'est pas des plus étonnants, le constat devient encore plus critique avec les modes "rapides" ou "express", plébiscités pour laver le linge en moins de trente minutes. Les 2/3 des lave-linge testés sur ces programmes courts ont totalement échoué à éliminer les micro-organismes. Dans ces configurations, l'eau chaude n'est pas maintenue assez longtemps, ce qui laisse les bactéries proliférer et se propager d'un vêtement à l'autre au lieu de les détruire.
Compte tenu de leur mission principale, on a tendance à croire que nos machines à laver sont des espaces stériles, dénués de toute vie. Et pourtant, ce sont des environnements tièdes et humides où les microbes s'échangent des compétences de survie. En lavant du linge de corps ou des torchons de cuisine dans une machine colonisée, le risque de transférer ces bactéries d'un textile à un autre devient une certitude technique.
Il n'y avait peut-être pas besoin d'étude dans ce cas.
L'étude s'est penchée sur ce qui se cache dans les recoins les plus sombres de nos appareils : derrière le joint en caoutchouc du hublot et dans les tuyaux du bac à lessive. En analysant l'ADN des résidus présents dans les machines, les biologistes ont découvert un véritable "microbiome" de buanderie. Des bactéries opportunistes y élisent domicile en s'organisant sous forme de "biofilms", ces couches de textures gluantes qui s'accumulent au fil des ans. Forcément, plus l'appareil est vieux, plus il est sujet à de telles concentrations.