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Actualité : Bientôt des journées de 25 heures ? “Le jour va s’allonger plus tôt” préviennent les scientifiques, mais pas de panique
Notre planète ralentit inexorablement sous l’influence de la Lune, ce qui pourrait à terme nous amener vers des journées de 25 heures d’après une récente étude canadienne.
© Triff/Shutterstock - L'attraction de la Lune est prête à nous faire passer à des journées de 25 heures... dans 200 millions d'années environ.
L’idée d’une journée de 25 heures fait couler peu à peu de l’encre, et elle est loin d’être basée sur du vide. Elle repose en effet sur une réalité astronomique inéluctable, où le freinage de la Lune n’est plus contré par l’attraction thermique du Soleil sur la Terre. Si ce phénomène nous promet des jours plus longs dans le futur, il cache un passé géologique étonnant, où le temps s’est figé durant un milliard d’années. Voici pourquoi !
Partagée il y a cinq mois par la chaîne YouTube Bright Side, doublée dans un français abrutissant par la vidéo de Sympa publiée ce 12 août, la théorie de la journée de 25 heures vient de scientifiques de l’Université de Toronto, et plus précisément d’une étude datant de juillet 2023.
Selon ces astrophysiciens, lorsque la Lune s’est formée il y a 4,5 milliards d’années, une journée terrestre durait moins de dix heures. L’attraction lunaire, qui agit comme un immense frein naturel allant jusqu’à tirer sur nos océans, a ainsi ralenti la planète, rallongeant nos jours d’environ 1,7 milliseconde par siècle.
Mais l’étude, parue dans Science Advances, révèle un rebondissement géologique majeur. Pendant plus d’un milliard d’années, ce ralentissement s’est mystérieusement arrêté, la durée du jour étant restée figée à 19,5 heures. Sans cette longue pause providentielle, nous connaîtrions aujourd’hui des journées écrasantes dépassant les 60 heures.
Une situation causée par un bras de fer gravitationnel, avec le Soleil exerçant lui aussi une attraction, non pas sur les océans, mais sur l’atmosphère terrestre. Au lieu de ralentir notre globe, l’astre tend à l’accélérer. Historiquement, la force lunaire surpassait cependant très largement cette marée thermique solaire.
Puis il y a deux milliards d’années, tout a changé. L’atmosphère terrestre étant nettement plus chaude, un phénomène connu sous le nom de résonance atmosphérique a eu lieu.
L’astrophysicien Norman Murray, co-auteur de l’étude, fait d’ailleurs une analogie très simple pour comprendre ce phénomène : “C’est comme pousser un enfant sur une balançoire. Si votre poussée et la période de la balançoire sont désynchronisées, elle n’ira pas très haut. Mais si elles sont synchronisées et que vous poussez juste au moment où la balançoire s’arrête à une extrémité de sa course, la poussée ajoutera à l’élan”.
L’atmosphère terrestre, alors plus chaude, s’est parfaitement synchronisée avec la rotation de la planète (un cycle de 10 heures sur des journées de 20 heures), ce qui a décuplé la force d’attraction du Soleil pour contrer le frein lunaire. Aujourd’hui, la mécanique étant désynchronisée, la marée solaire — soit l’attraction du Soleil sur notre atmosphère — met 22,8 heures à faire le tour du globe, contre 24 heures pour la Terre. Elle ne fait donc plus le poids face au frein lunaire, laissant notre planète ralentir de nouveau vers des journées de 25 heures.