// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
"Laisser des maisons brûler, ça a été très dur" : les pompiers réclament plus de moyens et appellent à la grève
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Plusieurs feux sont en cours et une cinquantaine de départements a été placée en alerte orange pour risque élevé d'incendies. C'est dans ce contexte que les syndicats de pompiers appellent à la grève ce jeudi 13 août. Il s'agit par ailleurs d'une grève symbolique, les interventions étant assurées. Ils sont reçus en ce moment par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Poitiers, Grenoble, Montpellier, Paris. Dans plusieurs villes, les pompiers quittent leur terrain d'intervention pour demander plus de moyens. Ce jeudi 13 août, neuf syndicats appellent à une grève d'une journée. "Le quotidien, on a de plus en plus de mal à le tenir. On a du mal à ce que nos collègues se forment, à délivrer des secours qui conservent une bonne qualité. On a du mal à tenir les chocs. On le voit cet été. Tout le monde dit que le modèle est robuste, mais quand on a près de 100 000 hectares qui ont brûlé, et quatre collègues décédés, on ne peut pas se satisfaire de ça. Donc oui, on est en colère", explique Yaël Lecras, vice-président du Syndicat national des sapeurs-pompiers (SNSPP-PATS).
Les mégafeux cet été ont exacerbé les revendications des sapeurs-pompiers. Rien qu'en Gironde, 42 000 hectares sont partis en fumée et sur la commune du Porge, 180 maisons ont été détruites. Un traumatisme pour beaucoup d'entre eux. "On a eu cette frustration, ce désarroi de passer à côté des maisons par manque de moyens. On était obligé de fuir parce qu'on avait vraiment un manque de camions, un manque de pompiers pour pouvoir éteindre. Laisser des maisons brûler, ça a été très dur", confie Aurélien Audoux, vice-président du syndicat FA SPP-PATS 86.
Il y a aujourd'hui 210 000 pompiers volontaires et 44 000 professionnels. Les syndicats réclament des milliers de recrutements. Et selon eux, leur matériel ne protège pas suffisamment leur santé. "Aujourd'hui, en termes de protection des voies respiratoires, on n'a rien. On nous a donné des masques FFP2, comme des masques qui ont été donnés à la population, notamment. Sauf que ces masques ne filtrent pas toutes les particules, et en particulier le monoxyde de carbone", détaille le président du FA SPP-PATS 33, Sébastien Dephot.
Face à la mobilisation, le ministre de l'Intérieur recevait les syndicats à midi ce jeudi. À noter qu'un projet de loi est en préparation pour améliorer la prévention et la lutte contre les incendies et une mission parlementaire rendra ses conclusions fin septembre.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?
Que se passe-t-il dans votre cerveau quand vous êtes en vacances ?
Les sapeurs-pompiers en grève réclament plus de moyens