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Le Pacifique change déjà : comment El Niño perturbe la base de toute la vie marine
Et si l'océan se vidait soudain de toute vie ? Du plancton microscopique aux baleines bleues, les organismes marins jouent un rôle insoupçonné dans l'équilibre du climat. Des chercheurs ont simulé ce scénario glaçant. Leur verdict : le CO2 atmosphérique grimperait de moitié.... Lire la suite
Un épisode El Niño hors norme se profile, et avec lui son lot de températures extrêmes et de sécheresses pour les uns et d’inondations pour les autres. Des chercheurs explorent pourtant une idée déroutante : éclaircir les nuages au-dessus du Pacifique pour tenter d’en atténuer les effets. Mais peut-on vraiment « désactiver » un phénomène aussi puissant sans faire de dégâts ?... Lire la suite
Alors que les prévisions envisagent une anomalie de température exceptionnelle dans le Pacifique équatorial, les premiers effets du phénomène El Niño sont déjà visibles depuis l’espace. Les satellites ont repéré un bouleversement écologique marin qui donne un premier aperçu des conséquences que pourrait avoir cet El Niño hors norme sur la biodiversité et, plus largement, sur les activités humaines.
De l'avis de tous les experts météo qui suivent l'évolution du phénomène, El Niño 2026 est un véritable monstre en devenir. Pour parler d'un phénomène El Niño, il faut que la température de l'eau de l'océan Pacifique équatorial dépasse d'au moins 0,5 °C la normale. Il s'agit alors d'un El Niño faible. À partir de + 0,8 °C, il s'agit d'un El Niño modéré, et lorsque cette anomalie de chaleur dans l'eau atteint ou dépasse +2 °C, il s'agit alors d'un super El Niño.
Mais ce qu'envisagent actuellement les prévisions météo dépasse l'entendement : +3,5 à +5 °C d'anomalie cet hiver, du jamais-vu ! Un tel écart à la moyenne aura nécessairement des conséquences très importantes sur la météo de nombreuses régions du monde, mais aussi sur la nature.
The most aggressive El Niño forecast currently belongs to Italy's CMCC model, which shows a remarkable +5.1°C in January.One clue: CMCC maintains strong westerly wind anomalies farther east than most models, ranking #1 in the eastern Pacific in November and #2 in December. pic.twitter.com/x9awsyEloP
El Niño est en place depuis juin dernier et devrait durer jusqu'au printemps 2027. Il débute à peine, mais commence déjà à avoir des conséquences, et celles-ci sont visibles depuis l'espace.
Les satellites de la Nasa ont capturé en image les premiers effets écologiques de cette phase climatique : la concentration de chlorophylle présente dans l'eau a déjà changé. « Dans le Pacifique central, autour de l'équateur, juste au nord de la Nouvelle-Zélande : les concentrations de chlorophylle, indicateur de l'abondance du phytoplancton, sont nettement plus faibles en 2026. »
Pour se développer, le phytoplancton a besoin d'une remontée des eaux des profondeurs. « Lors d'un épisode El Niño, les alizés équatoriaux d'est s'affaiblissent, la couche superficielle chaude de l'océan s'étend plus profondément et la remontée d'eau froide et riche en nutriments qui alimente généralement la croissance du phytoplancton est freinée », précise la Nasa.
La concentration de chlorophylle mesurée depuis le satellite de la Nasa entre juin 2025 et juin 2026. © Nasa