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Une intervention "particulièrement complexe", des villages évacués, de la fumée jusqu'en France... Ce que l'on sait de l'incendie historique qui ravage la Belgique
Près de 3 000 hectares ont brûlé dans le massif des Hautes Fagnes depuis vendredi soir. Plus d'une centaine de pompiers se relayent pour tenter de contenir ce brasier, soutenus par des renforts aériens européens.
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C'est l'un des incendies les plus violents dans l'histoire de pays. La Belgique est confrontée depuis vendredi 14 août à un brasier qui se propage dans le massif des Hautes Fagnes, une grande réserve boisée prisée des randonneurs dans l'est du territoire, non loin de l'Allemagne. Dimanche matin, le feu, dont l'origine est toujours inconnue, n'était toujours pas fixé. Il a ravagé près 3 000 hectares, selon les autorités wallones. Franceinfo fait le point sur la situation.
Plus d'une centaine de pompiers se relayent depuis vendredi pour tenter de contenir ce brasier, aidés par des policiers, mais aussi des agriculteurs. La configuration particulière des Hautes Fagnes, avec un terrain boisé et très accidenté, "rend l'intervention particulièrement complexe", selon les autorités locales. Elle ne "permet pas aux services de secours d'attaquer partout le feu à très courte distance avec leurs moyens habituels", ni même d'accéder à la première zone qui a brûlé.
La présence importante de tourbe, matière organique fossile inflammable, n'arrange rien. Dans un tel cas, "le feu a tendance à se consommer très lentement et en profondeur", explique Yves Pieper, agent du Département de la nature et des forêts, à la chaîne de télévision belge RTBF. "On devra revenir pendant des semaines et des semaines parce qu'à chaque fois, il y aura des nouveaux départs de feu, des fumerolles dans la tourbe", ajoute-t-il.
Les conditions météo constituent un autre obstacle. "Malgré leur faible intensité, les vents ont changé de direction à plusieurs reprises durant la nuit, nécessitant une adaptation continue du dispositif d'intervention", peut-on lire dans un point de situation publié sur le site de la province de Wallonie. De premiers "fronts de feu" sont "sous contrôle", a cependant affirmé le ministre de l'Intérieur belge, Bernard Quintin, sur X, dimanche en début d'après-midi.
La région toute entière, proche de l'Allemagne, est couverte d'un panache de fumée, jaunie par endroits, qui a poussé les autorités à évacuer des habitants dans plusieurs villages proches de l'incendie, selon le décompte de la RTBF. Des résidents de Sourbrodt et de Bütgenbach, et Küchelscheid en ont reçu l'ordre samedi.
En Allemagne, les autorités de la ville frontalière de Monschau, ont recommandé dimanche aux habitants de la zone de quitter les lieux. Selon un communiqué de la municipalité, le front de flamme se situe actuellement à 1,5 kilomètre de la frontière allemande et à 1,8 kilomètre de la zone habitée la plus proche. "Une forte pollution de l'air à cause des fumées" est à prévoir, prévient la commune d'environ 12 000 habitants dans un communiqué.
Un ballet d'hélicoptères s'est mis en place dimanche matin pour larguer de l'eau sur les flammes. Grâce au mécanisme de protection civile, un dispositif européen activé samedi, la Belgique compte, en plus de ses deux hélicoptères, deux Chinook venus des Pays-Bas, avec une capacité de 7 000 litres d'eau à chaque largage selon La Libre Belgique. La Suède a pour sa part fourni deux bombardiers d'eau.
La commissaire européenne à la coopération internationale, Hadja Lahbib, a précisé à l'AFP qu'un agent de liaison avait également été dépêché sur place pour coordonner le déploiement des moyens aériens. "C'est crucial pour éviter les accidents", comme celui début août en Grèce quand deux hélicoptères sont entrés en collision en tentant d'éteindre des flammes, a-t-elle souligné. "Merci à nos partenaires européens pour l'aide qu'ils nous apportent", a salué le Premier ministre belge, Bart De Wever, dans une publication sur X dimanche.