// LES NUMÉRIQUES — CYBERSECURITY
Actualité : Piratage des impôts : les victimes contactées dès aujourd’hui par le fisc, retour sur l’attaque qui fait flancher le gouvernement
Jour après jour, le dernier piratage des impôts fait toujours autant polémique, alors que les victimes reçoivent de premiers courriels pour les avertir et que la panique gagne le gouvernement.
© HJBC/Shutterstock - Les victimes de la récente fuite de la DGFiP enfin contactée, la vigilance reste tout de même de mise pour eux
Le piratage des impôts a exposé les informations personnelles de 678 437 contribuables, et le week-end nous a apporté plusieurs informations au sujet de cet événement. De nouvelles précisions sur l’attaque sont en effet tombées, les victimes commencent à être contactées par le fisc, et le gouvernement vient d’ouvrir une cellule de crise. Beaucoup d’informations, qui n’écartent pas le risque de campagne de phishing, voire pire, dans les semaines à venir pour les personnes touchées.
Dès ce lundi 17 août, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a commencé à contacter les victimes de cette vaste cyberattaque. Par le biais d’un email ou d’un courrier postal, l’administration fiscale informe ainsi les personnes concernées par cette seconde fuite de 2026.
Cette intrusion informatique, revendiquée le 12 août par un pirate sous le pseudonyme “ZeroBytes”, a débuté à la fin du mois de juin. Le hacker a expliqué avoir réussi à s’introduire dans les systèmes du fisc en usurpant les identifiants d’un agent de la DGFiP. L’extraction s’est ensuite déroulée en toute discrétion et de manière automatisée, afin de contourner les mécanismes de détection de l’État.
Pour rappel, ce sont 678 437 comptes qui ont été compromis, dont près de la moitié appartiennent à des particuliers. Parmi les informations sensibles dérobées figurent les noms, adresses, dates de naissance, situations familiales, revenus fiscaux de référence, taux de prélèvement à la source et échanges avec les services des impôts. Les professionnels, quant à eux, voient leurs numéros Siren et adresses de siège social exposés dans la nature.
Face à ce piratage massif, les risques d’arnaques inquiètent. Les experts alertent sur la recrudescence imminente de campagnes de hameçonnage (phishing) ciblées. Avec un tel niveau de détail, les cybercriminels peuvent rédiger des messages extrêmement crédibles pour piéger les contribuables, voire mener des attaques physiques ciblées chez les profils les plus aisés. En effet, on retrouve dans le lot 26 805 victimes avec un revenu fiscal de référence de 100 000 € ou plus, 386 dépassant 1 million d’euros et 8 au-dessus des 10 millions d’euros.
L’ampleur de cette brèche sécuritaire propulse l’affaire au rang de priorité nationale. Face à la colère montante, le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit en urgence ce lundi après-midi une cellule interministérielle de crise par visioconférence sécurisée. Cette mobilisation de haut niveau vise à faire un point complet sur la situation et à structurer la riposte de l’État.
En parallèle, la section cyber du parquet de Paris a officiellement ouvert une enquête pour “extraction frauduleuse de données” et “association de malfaiteurs”. Le ministre de l’Action et des comptes publics, David Amiel, a quant à lui commandé un audit immédiat sur les systèmes de la DGFiP. L’objectif est de présenter des mesures opérationnelles dès septembre.
Il est triste de voir qu’après une fuite de données en début d’année 2026, de telles mesures d’urgence n’avaient pas été prises pour directement renforcer la sécurité du fisc, et surtout, des données des contribuables français.