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J’ai passé plusieurs jours dans le « paradis du Groenland » : la réalité m’a surprise
Chaque année, je pars à l'aventure dans l'une des zones les plus sauvages du monde pour enrichir mes connaissances sur la nature, le climat et la météo. En juin dernier, je suis partie en expédition dans un territoire légendaire, entre montagnes, glaciers et océan, avec un climat complètement fou et une faune aussi dangereuse qu'abondante… Bienvenue en Alaska !... Lire la suite
Des terres asséchées, des feux qui se multiplient, une sécheresse qui inquiète... Le sud du Groenland, une zone connue comme paradisiaque en comparaison au reste de l'île, se transforme de manière étonnante et déconcertante. Découvrez le premier épisode d'une série de cinq reportages inédits réalisés dans la région la plus fascinante, et spectaculaire, de cette île méconnue et inexplorée.
Douze, c'est le nombre d'articles que j’ai écrit sur le Groenland en 5 ans à Futura. Et pourtant, je n'avais jamais mis les pieds sur cette île située au nord de l'Europe. J'ai toujours été fascinée par les espaces les plus sauvages de la Planète, et bien entendu, par les climats les plus extrêmes.
Le Groenland est l'une des terres qui bénéficient du plus grand nombre d'études scientifiques sur l'évolution du climat, et pour cause, c'est un véritable hotspot du changement climatique. J'ai toujours été convaincue que l'environnement, la nature et le climat, sont des domaines qui se vivent, qui se ressentent et qui s'expérimentent sur place, au contact des éléments et des populations locales, et non pas uniquement derrière un écran, à travers des études scientifiques, et dans des livres.
Je suis donc partie à l'aventure au sud du Groenland. Pourquoi cette zone ? Parce que c'est la plus accessible, rappelons que 80 % de l'île est englacée toute l'année. Ce n'est pas le cas du sud, avec un relief qui ressemble à ce que l'on pourrait voir en Islande, et parfois même en Irlande et en Écosse.
Le littoral des fjords du sud du Groenland offre des vues spectaculaires. © Karine Durand
Début juillet, j'ai pris un petit bateau, pour un trajet bien mouvementé, en direction de Qassiarsuk, un village minuscule de quelques dizaines d'habitants, majoritairement des fermiers, près de Narsaq. « Le paradis du Groenland », comme l'appellent les locaux : avec ses fjords aux eaux d'un bleu éclatant, ses prairies remplies de fleurs, de thym et de rhubarbes et un soleil quasiment omniprésent l'été, Qassiarsuk est un peu la Côte d'Azur du Groenland. Uniquement l'été, de mi-juin à mi-août, car le reste de l'année, c'est une autre ambiance, beaucoup moins plaisante.
Le petit village de Qassiarsuk, composé d'une dizaine d'habitations, et de ruines nordiques et inuits. © Karine Durand
Début juillet, il faisait de 8 à 12 °C l'après-midi, et de 4 à 6 °C le matin. Sans certitude cependant, car il n'existe pas de relevés fiables pour le village, et il est donc difficile de connaitre la température réelle. D'autant plus que les prévisions météo n'arrivent pas du tout à prévoir la température dans ces fjords, qui varie énormément d'un versant l'autre des collines et montagnes.
Au soleil (très puissant à cette latitude), le ressenti était chaud, de 15 à plus de 20 °C. Cela peut surprendre, mais il s'agit d'un temps tout à fait classique pour la zone. Certains étés, il arrive que le mercure monte jusqu'à 18 °C, 20 °C ou même 22 °C. Ces petits pics de grande douceur n'ont rien d'anormal dans la région, s'ils ne se répètent pas trop souvent. Car le Groenland se réchauffe vite, très vite, mais davantage les régions polaires et englacées que celles du sud.