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Lutte contre les incendies : des avions d'occasion bientôt transformés en bombardiers d’eau
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Jérôme Cathala
Pour lutter contre les incendies, de plus en plus virulents, des avions de ligne sont transformés en bombardiers d'eau. Cette nouvelle flotte, conçue par des ingénieurs français, sera opérationnelle dans trois ans. France Télévisions a eu accès au chantier.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
C'est la future arme française contre les incendies, qui devrait renforcer les Canadairs et combattre le feu depuis les airs dans trois ans. Même si pour l'heure, il reste du travail sur la maquette d'essai. "Je pense que même l'état à l'intérieur est très problématique. Il y a pas mal de boulot à faire, vraiment pas mal. Mais bon, on va y arriver", montre un agent à Toulouse (Haute-Garonne).
L'idée des trois anciens ingénieurs d'Airbus derrière le projet est de prendre un avion d'occasion pour passagers, et de le transformer en bombardier d'eau. "On voit au sol l'empreinte des flotteurs. Ce sont de très beaux bébés de 18 mètres de long, 2 mètres de haut. Un volume d'eau déplacé de plus de 25 tonnes au total pour supporter l'avion quand il est sur l'eau", détaille Julien Bernat, le directeur général de Positive Aviation.
Pour y parvenir, la startup a fait appel à une entreprise spécialisée à l'autre bout de la France, à Vannes (Morbihan), pour concevoir les flotteurs. Ils prennent ensuite la direction de l'usine de Toulouse pour être assemblés sur l'avion. Une étape cruciale : c'est ce système qui lui permettra de se remplir d'eau, sans pompe, juste par effet mécanique. "Deux gigantesques flotteurs, eux-mêmes équipés de train d'atterrissage, qui vont permettre à cet avion d'aller écoper, c'est-à-dire frôler la surface de l'eau pour remplir en 12 secondes ses réservoirs. En fait, c'est un avion qui sera capable de faire ce que fait l'actuel emblématique Canadair", décrit Laurent Schmitt, le président de Positive Aviation.
L'appareil est complètement mis à nu. "On a enlevé tous les sièges, toutes les protections de la cabine", explique Joao Morbey, le responsable programme Positive Aviation. L'appareil possédera d'immenses réservoirs de plus de 8 000 litres, 2 000 litres de plus que le Canadair. "Ça viendra par des tuyaux de cette taille-là et ils seront dispersés dans les quatre groupes de réservoirs qu'on a à l'intérieur", montre Joao Morbey.
Le temps presse, car les premiers tests en vol doivent avoir lieu dans six mois et l'avion doit éteindre ses premiers incendies dans moins de trois ans. "Tout le monde est motivé pour avancer. Les feux actuels, de toute façon, il nous manque l'urgence de l'avion. On va le faire. C'est une réalité", assure un membre de l'équipe.
Mais transformer l'avion prend du temps. Le défi des 25 ingénieurs en ce moment ? Trouver un moyen de le stabiliser en vol, malgré les imposants flotteurs. Il faut avoir du nez pour trouver la solution. "Le fait d'avoir ces flotteurs, ça ferait que l'avion pourrait faire des mouvements latéraux, et il faut ajouter ces surfaces supplémentaires pour compenser l'ajout des flotteurs", avance un ingénieur.