// LES NUMÉRIQUES — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Actualité : Un espoir pour des millions de malades chroniques : une IA a conçu des molécules de médicaments en 48 heures
En 48 heures et avec une intervention humaine minimale, une intelligence artificielle a conçu des molécules capables de neutraliser une cible biologique à l'origine de médicaments comme l'Humira, prescrits contre l'arthrite et le psoriasis. Deux laboratoires indépendants ont validé un taux de réussite très supérieur à la moyenne du secteur.
© FotoField - Claude Mythos, le modèle au cœur de la campagne de conception de protéines menée par Anthropic.
Trouver une molécule qui se fixe précisément sur une protéine malade occupe d'ordinaire des ingénieurs pendant des semaines, parfois des mois, pour une seule cible. Anthropic vient de démontrer qu'une intelligence artificielle peut accomplir seule l'essentiel de ce travail, en quelques dizaines d'heures, avec des résultats qui bousculent les repères de toute une discipline.
Confrontée à 15 cibles biologiques différentes, la famille de modèles Claude, associant Opus 4.8 et Mythos Preview, a produit des liants efficaces contre 14 d'entre elles. Les laboratoires Adaptyv Bio et Twist Bioscience, chargés de tester chaque candidat en conditions réelles, confirment un taux de succès pouvant atteindre un tiers des molécules proposées. La discipline dépasse rarement une sur sept ou huit.
Certaines de nos conceptions les plus abouties se lient à leur cible plusieurs fois plus fortement que le meilleur résultat publié jusqu'ici.
L'exemple le plus parlant concerne le TNFα, une protéine qui déclenche l'inflammation et que ciblent des traitements aussi connus que l'Humira. Le modèle Opus 4.8 y a réussi là où plusieurs équipes d'experts avaient échoué, en produisant des liants actifs chez l'humain, le singe et la souris à la fois, une polyvalence précieuse pour la suite des essais.
Le modèle Opus 4.8 a conçu des liants actifs contre le TNFα chez l'humain, mais aussi chez le singe et la souris, une polyvalence précieuse avant d'envisager des essais cliniques.
Parmi les cibles visées figurent plusieurs protéines au cœur de la lutte contre le cancer, comme PD-L1, une cible clé des immunothérapies utilisées contre certains cancers du poumon et certains mélanomes, ou EGFR, une protéine impliquée dans de nombreux cancers du poumon.
Neuf des molécules conçues par Claude, en orange, venant s'accrocher à leur cible biologique, en gris. La valeur Kᴅ indique la force de cette accroche : plus le chiffre est petit, plus la liaison est solide. Certaines de ces cibles sont associées à des maladies graves, comme le virus Nipah ou plusieurs formes de cancer.
Seconde démonstration, en chimie analytique cette fois. Muni des fichiers bruts d'un laboratoire sous-traitant et d'une consigne tenant en deux phrases, Claude Opus 5, via Claude Science, a restitué en moins de 25 minutes une analyse aussi fine que celle d'un chimiste chevronné. Sa mesure de pureté, 96,4 %, colle presque exactement au 96,33 % calculé par le laboratoire, qui avait pourtant mis quatre jours à livrer son propre rapport.