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Test SwitchBot AI Art Frame : l'illusion du tableau, la facture d'une œuvre d'art
SwitchBot quitte le terrain de la domotique pour s’attaquer à la décoration avec l’AI Art Frame, un cadre numérique à encre électronique qui promet de passer pour un vrai tableau. Après plusieurs mois accroché chez moi, le constat est contrasté et je ne peux m’empêcher de me poser cette simple question : « Tout ça pour ça » ?
Le cadre photo numérique traîne derrière lui une longue histoire d’échecs esthétiques. Trop brillant, trop plastique et disposant d’un écran de trop mauvaise qualité, il finissait invariablement relégué au fond d’une étagère poussiéreuse plutôt qu’accroché au mur. Près de vingt ans après la fin de cette mode, SwitchBot prend le problème par l’autre bout avec l’AI Art Frame : plutôt qu’une dalle LCD rétroéclairée, la marque mise sur de l’encre électronique couleur, la technologie E Ink Spectra 6, pour imiter la texture d’une véritable impression.
Le cadre existe en trois formats, du 7,3 pouces de bureau au 31,5 pouces qui vise les grands murs. J’ai vécu plusieurs mois avec la version intermédiaire, de 13,3 pouces et vendue 349,99 euros, sans doute la plus équilibrée de la gamme. Voici ce que ça change, et ce que ça coûte vraiment.
Test réalisé sur un exemplaire prêté par le constructeur.
C’est la première chose qui frappe, et elle est décisive : ça marche. Accroché au mur, le SwitchBot AI Art Frame ne ressemble pas à un écran. Pas de reflet, pas de halo lumineux, pas cette impression de tablette oubliée sur un clou. L’encre électronique restitue les images avec une matité qui évoque vraiment le papier imprimé, et le cadre en alliage d’aluminium fait le reste du travail. Évidemment la photo ou l’image est invisible dans le noir, du fait de l’absence de rétroéclairage. J’ai vu certains s’en plaindre. C’est au contraire pour moi une vraie qualité. L’objet s’intègre à la décoration et se fait oublier rapidement. Plusieurs visiteurs ont mis un moment avant de comprendre qu’il s’agissait d’un objet connecté, jusqu’à ce que l’image change durant la journée. Cela reste le meilleur compliment qu’on puisse faire à ce genre de produit.
Cette réussite a une contrepartie technique qu’il faut connaître. La dalle affiche 1600 x 1200 pixels pour 150 ppp, une densité très éloignée de ce qu’on trouve sur n’importe quel écran moderne, et les pixels de la technologie E Ink sont physiquement plus larges. À trente centimètres, le grain se voit. Mais un tableau ne se regarde pas en mettant son nez dessus, et à distance normale de contemplation, la question ne se pose plus.
L’autre atout, c’est l’absence totale de câble apparent. Le cadre fonctionne sur une batterie de 2000 mAh rechargeable en USB-C, ce qui permet de le poser ou de l’accrocher sans se soucier d’une prise à proximité. SwitchBot pousse même la logique décorative jusqu’à rendre le produit compatible avec les cadres Rödalm d’Ikea, pour ceux qui veulent l’assortir à leur intérieur.
Pour l’installation enfin, le constructeur a pensé à tout. Vous pouvez le poser sur un meuble, grâce au pied en carton situé derrière l’objet. Pour l’accrocher au mur, la marque fournit plusieurs supports adhésifs qui permettent de le placer sans sortir la perceuse. Un gain de temps pour les moins bricoleurs, dont je fais partie.
Le cadre accepte deux types de contenus, et je les ai utilisés à parts égales. D’un côté mes propres photos, de l’autre les œuvres générées par l’intelligence artificielle maison. Sur le papier, la promesse est séduisante : une galerie personnelle qui se renouvelle en permanence.
Le SwitchBot AI Art Frame propose deux modes IA spécifiques. Le premier consiste à remixer vos propres images en appliquant un style particulier. L’application en propose plusieurs, qui vont de la peinture à l’huile au manga, en passant par le comics américain ou le griffonnage noir et blanc. Ici, aucune commande n’est proposée. Vous ajoutez votre photo et l’IA s’occupe de l’adapter.