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Actualité : Plus de 24 000 passages aux urgences : en pleine canicule, ces médicaments courants aggravent tout en silence
L'ANSM vient de mettre à jour ses recommandations sur les interactions entre médicaments, chaleur et soleil. Diurétiques, antidépresseurs, anti-inflammatoires, patchs transdermiques : des dizaines de familles thérapeutiques courantes peuvent aggraver la déshydratation, perturber la thermorégulation ou provoquer des réactions cutanées sévères.
© Chay Tee - Prise de médicaments en période estivale : certains traitements courants peuvent aggraver la déshydratation ou provoquer des réactions cutanées au soleil.
Quand le thermomètre dépasse durablement les 35 °C, l'organisme active un ensemble de mécanismes de défense pour maintenir sa température interne autour de 37 °C : vasodilatation cutanée, sudation accrue, signal de soif. Or certains médicaments viennent gripper cette mécanique de précision.
Les diurétiques et les laxatifs accentuent les pertes hydriques. Les neuroleptiques, les triptans ou les opioïdes perturbent la régulation thermique au niveau central. Les anticholinergiques freinent la production de sueur. Et les bêtabloquants limitent l'augmentation du débit cardiaque nécessaire à l'évacuation de la chaleur. L'ANSM en dresse la liste complète des médicaments pouvant diminuer l'adaptation de l'organisme à la chaleur.
L'été 2025 a donné la mesure du phénomène : plus de 24 000 passages aux urgences liés à des pathologies induites par la chaleur, selon Santé publique France. Le lien direct avec un effet médicamenteux reste encore difficile à quantifier, mais un projet de pharmaco-épidémiologie porté par le CRPV de Toulouse prévoit de croiser les données de l'Assurance maladie avec les relevés météorologiques pour mesurer précisément cette surexposition.
Avant d'être mis sur le marché, tous les médicaments font l'objet d'études de stabilité pour vérifier si le principe actif va se dégrader en cas d'exposition à de fortes températures.
L'autre versant du risque concerne l'exposition solaire. Des dizaines de molécules, prises par voie orale ou appliquées sur la peau, peuvent déclencher une réaction phototoxique : brûlures en quelques heures sur les zones exposées, parfois accompagnées de bulles.
Fluoroquinolones, doxycycline, kétoprofène en gel, isotrétinoïne, amiodarone, IPP, certains ISRS : la liste des médicaments photosensibilisants publiée par l'ANSMcouvre pratiquement toutes les spécialités médicales. Plus rare, la photoallergie survient chez des personnes déjà sensibilisées et peut s'étendre aux zones couvertes sous forme d'eczéma ou d'urticaire, y compris à de faibles doses d'UV.
Infographie extraite du dossier de prévention de l'ANSM (juin 2026).
Côté stockage, les traitements thermosensibles (insuline, vaccins) doivent rester entre 2 et 8 °C et être utilisés rapidement après sortie du réfrigérateur. Pour les autres, la pièce la plus fraîche du domicile et un transport en emballage isotherme suffisent, à condition de ne jamais les abandonner dans un coffre de voiture en plein soleil. Règle cardinale rappelée par l'ANSM : ne jamais interrompre un traitement chronique de sa propre initiative. Toute adaptation de posologie relève du médecin ou du pharmacien.