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Le jour où un ouragan géant a brisé la banquise en Arctique et accéléré la fonte
Un froid polaire, des vents dignes de ceux d’un ouragan, un isolement total en hiver… Bienvenue au Groenland ! Comment vit-on sur l'île la plus extrême du monde au niveau climatique ? Découvrez le quatrième épisode de ma série de cinq reportages inédits Un été au Groenland.... Lire la suite
Depuis les premiers écrits de marins retrouvés, que ce soit du côté de la Scandinavie, ou de l’Alaska, le phénomène intrigue : une tempête gigantesque soudaine, capable de donner lieu à des vagues géantes et de faire chavirer toutes les embarcations sur des centaines de kilomètres. Le phénomène ressemble à un ouragan, et c’est donc comme ça qu’il a été surnommé. Il y a quelques années, l’un de ces « ouragans arctiques » a atteint une puissance phénoménale, au point de pulvériser la banquise.
Le 6 août 2012, c'est un « ouragan arctique » d'une ampleur historique qui a été observé par les météorologues, en plein été : celui-ci a pris naissance au-dessus de la Sibérie le 2 août, avant de voyager au-dessus de l'océan arctique en se renforçant. Il a atteint son pic d'intensité le 6 août à proximité de l'Alaska, avant de toucher les côtes du nord du Canada en s'affaiblissant, et cela jusqu'à sa dissipation le 14 août.
"The Great Arctic Cyclone of 2012 was yet another sign of a new Arctic unfolding."https://t.co/RG9gYRWPu3#cyclone pic.twitter.com/2nnkd6yvzP
Lors de son pic d'intensité, sa pression est descendue jusqu'à 962 hectopascals (hPa), une valeur digne d'un véritable ouragan de catégorie 2 ou 3. Cette chute de pression record (depuis les relevés de 1979) au sein d'un « ouragan arctique » lui a valu le surnom de « Great Arctic Cyclone of 2012 », ou « Super cyclone arctique de 2012 ».
Malgré cette pression incroyablement basse, cet « ouragan » n'en est pas vraiment un. Il s'agit d'un « polar low » ou « dépression polaire » : vu des satellites, l'enroulement de ce type de dépression peut être tellement impressionnant qu'il donne véritablement l'impression d'observer un ouragan. Ces dépressions arctiques sont de même beaucoup plus faibles que les ouragans tropicaux et beaucoup plus petites (seulement 100 à 300 kilomètres de longueur, contre 500 à 2 000 kilomètres pour un ouragan).
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Lorsque ces dépressions touchent les côtes, les intempéries peuvent être violentes : tempêtes de neige, fortes vagues et submersions des côtes, vents destructeurs. L'Alaska et la Norvège sont régulièrement touchés. Par chance, le phénomène d'août 2012 n'a pas frappé de zone habitée.
Yup, I have, although the "great Arctic cyclone of August 2012" is not that easy to follow in the time lapse of @NASAEarth #MODIS imagery. pic.twitter.com/WACCcIThNt
Il a par contre fait des dégâts majeurs sur la banquise, repérés par les satellites de la Nasa : ses vents violents et sa forte houle ont brisé d'immenses plaques de glace de mer, en plus d'accélérer temporairement la fonte estivale. Ses vents ont en effet brassé l'océan et fait remonter des eaux chaudes et salées des profondeurs.