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1 400 km d’autonomie, charge en 10 minutes et un luxe hors du commun : on a essayé le Li Auto L9 Livis, un SUV chinois bluffant mais pas parfait
Fondée en juillet 2015 par Li Xiang, ancien entrepreneur du numérique et créateur du portail Autohome, Li Auto (anciennement Beijing Chehejia) s’est imposée comme l’inventeur d’une catégorie qui n’existait pratiquement pas en Chine avant 2019 : le grand SUV familial à prolongateur d’autonomie.
Le Li ONE, dévoilé fin 2018 et livré en décembre 2019, a posé les bases d’une stratégie EREV (Extended-Range Electric Vehicle) que la marque a longtemps eue pour elle seule, le temps de bâtir une gamme complète avec les L9, L8, L7 puis L6, et de franchir le cap symbolique du million de véhicules livrés à l’automne 2024.
Cette longueur d’avance s’est toutefois muée en cible : Huawei avec sa famille AITO, le groupe BYD avec Denza, Geely avec Zeekr et SAIC avec IM Motors ont tous attaqué frontalement le segment des grands SUV six et sept places, électriques ou hybrides à prolongateur.
C’est dans ce contexte concurrentiel inédit que Li Auto présente la L9 Livis, version haut de gamme refondue du L9, lancée officiellement le 15 mai 2026 à un tarif de 509 800 yuans, soit environ 65 800 euros, avec une variante d’entrée Ultra à 459 800 yuans (environ 59 300 euros).
Plus sophistiquée que la L9 classique, plus démonstrative aussi, elle veut prouver que Li Auto ne se limite plus à une excellente compréhension des besoins familiaux. La marque veut désormais montrer qu’elle maîtrise aussi ses briques critiques, depuis les puces de calcul jusqu’au système d’exploitation embarqué, en passant par la conduite autonome et l’architecture châssis.
Plus qu’un simple restylage, cette L9 Livis montre comment Li Auto entend défendre sa place face à Nio, Xpeng, Aito, Denza ou encore Zeekr sur le terrain du logiciel, de l’architecture électronique et de la conduite assistée.
Au premier regard, la L9 Livis reste immédiatement identifiable comme une Li Auto. La face avant reprend cette signature lumineuse pleine largeur devenue l’un des marqueurs stylistiques les plus forts de la marque depuis le Li ONE.
Ici, le bandeau gagne encore en présence et en sophistication, avec une animation lumineuse plus travaillée et un traitement visuel qui renforce la sensation de largeur. Le regard reste acéré, moins démonstratif qu’un SUV chinois très expressif à la Denza, mais plus affirmé qu’auparavant grâce à un bouclier avant redessiné et à une intégration plus propre des fonctions d’aide à la conduite.
Les phares matriciels ADB sont désormais épaulés par une technologie Ultra-Wideband qui orchestre des interactions lumineuses à l’approche du conducteur.
Le traitement de la proue est intéressant, car Li Auto a clairement cherché à lisser les surfaces. La calandre pleine reste fidèle à l’identité électrifiée du modèle, tandis que les ouvertures visibles sont limitées au strict nécessaire. Cela évite les prises d’air factices souvent utilisées pour donner artificiellement du relief à un SUV de ce gabarit.