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Actualité : Canicule : pourquoi boire de l'eau glacée est le pire réflexe quand il fait chaud
Par forte chaleur, le réflexe du verre d'eau glacée est quasi universel, mais voilà : la recherche en thermorégulation montre qu'il est aussi contre-productif. L'organisme dépense de l'énergie pour réchauffer le liquide, freine sa propre sudation et ralentit sa vidange gastrique. Le consensus scientifique pointe vers une température optimale autour de 12 à 15 °C.
© Monika Wisniewska - Par forte chaleur, le réflexe du verre d'eau glacée est quasi universel. La recherche en thermorégulation montre qu'il est aussi contre-productif.
Quand le thermomètre dépasse durablement 35 °C, le corps engage une cascade de réponses coordonnées : vasodilatation cutanée, sudation accrue, redistribution du flux sanguin vers la périphérie. Avaler un grand verre d'eau glacée à ce moment précis revient à envoyer un signal contradictoire à l'ensemble du système.
Une review, publiée dans Sports Medicine, a montré que l'ingestion de liquide froid stimule des thermorécepteurs abdominaux qui réduisent la sudation indépendamment de la température centrale et cutanée. En environnement sec, cette baisse de transpiration annule le bénéfice thermique du réchauffement interne du liquide. Le refroidissement perçu est une illusion sensorielle : le corps stocke autant de chaleur, voire davantage.
Un liquide froid donne une sensation de fraîcheur quand il entre dans le corps, mais il ne vous refroidit pas vraiment, parce que vous réduisez votre transpiration.
Les travaux de Sun et al., publiés dans Gut, confirment le tableau côté digestif : une boisson à 4 °C ralentit significativement la vidange gastrique. La température intragastrique met 20 à 30 minutes à revenir à la normale, une fenêtre pendant laquelle l'absorption d'eau et de sels minéraux est altérée.
L'étude fondatrice de Bain, Lesperance et Jay (Acta Physiologica, 2012) a révélé que des boissons à 50 °C diminuent davantage le stockage de chaleur corporelle que des boissons froides, à condition que la sueur puisse s'évaporer (air sec, peau découverte). En atmosphère humide ou sous des vêtements couvrants, cet avantage disparaît.
Zones d'efficacité des boissons froides selon la température et l'humidité relative : plus l'air est chaud et humide, moins boire froid apporte un bénéfice thermique. À gauche, l'effet selon la vitesse de l'air ; à droite, selon l'intensité de l'effort physique.
Le curseur pratique se situe entre 12 et 15 °C : une bouteille sortie du réfrigérateur quelques minutes. L'ANSES recommande 2 à 2,5 litres par jour en période de forte chaleur, par petites gorgées régulières.
Maintenant, le marché des gourdes connectées (HidrateSpark, WaterH, LARQ) croît de 17,7 % par an. Ces objets se synchronisent avec Apple Santé ou Google Fit et ajustent l'objectif d'hydratation en fonction de la météo et de l'activité physique. Reste que l'utilité réelle se joue en une seule fonction, le rappel de boire, tout le reste (synchronisation, graphiques, objectifs dynamiques) relève davantage du gadget rassurant que du dispositif de santé.