// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Cet organe longtemps négligé par la médecine pourrait être la clé d'une vie longue et en bonne santé
Le thymus est un organe du corps humain plutôt discret, parfois jugé si inutile qu'il peut être retiré chez les adultes. Mais des scientifiques d'Harvard pensent que cette glande n'est pas inutile !... Lire la suite
Et si le corps pouvait apprendre à se défendre seul (ou presque) contre certains cancers ? C’est le principe de l’immunothérapie : stimuler les défenses immunitaires pour qu’elles ciblent et éliminent les cellules tumorales.... Lire la suite
Et si un petit organe oublié, niché dans votre poitrine, en disait long sur votre espérance de vie ? Le thymus, longtemps jugé inutile passé l'enfance, viendrait de révéler un secret : ceux qui le gardent en bonne santé vivent plus longtemps et résistent mieux au cancer. Une découverte qui bouscule des décennies de certitudes.
On le croyait à la retraite. Le thymus, ce petit organe immunitaire logé dans la cage thoracique, rétrécit après la puberté, au point que la médecine l'avait depuis longtemps rangé au rayon des vestiges sans grande utilité chez l'adulte.
Deux études publiées dans la revue Nature par des chercheurs du Mass General Brigham viennent renverser cette idée reçue. En s'appuyant sur l'intelligence artificielle pour analyser les scanners de dizaines de milliers de personnes, elles montrent qu'un thymus en bonne santé est associé à une vie plus longue, à un risque nettement réduit de maladies graves, et même à une meilleure réponse aux immunothérapies contre le cancer.
Pour comprendre l'enjeu, il faut savoir à quoi sert le thymus. Cet organe entraîne les lymphocytes T, ces cellules immunitaires chargées de défendre le corps contre infections et maladies. Comme il se réduit avec l'âge et fabrique de moins en moins de nouveaux lymphocytes, beaucoup de scientifiques en avaient déduit qu'il ne jouait plus qu'un rôle marginal chez l'adulte.
Le thymus est un organe du corps humain plutôt discret, parfois jugé si inutile qu'il peut être retiré chez les adultes. Mais des scientifiques d'Harvard pensent que cette glande n'est pas inutile !... Lire la suite
Conséquence : il avait été largement boudé par les grandes études de population. Les rares travaux reliant la diversité des lymphocytes T au vieillissement reposaient sur de petits échantillons sanguins. Cette fois, l'approche change d'échelle. Les chercheurs ont exploité les données de plus de 25 000 adultes participant à un dépistage du cancer du poumon, ainsi que de plus de 2 500 personnes suivies dans le cadre de la célèbre Framingham Heart Study.
Ce tout petit organe situé dans la poitrine a longtemps été négligé, mais le thymus pourrait pourtant jouer un rôle crucial dans le système immunitaire, la longévité, et même le traitement du cancer. © nopparit, iStock
À partir de scanners de routine, l'intelligence artificielle a mesuré la taille, la structure et la composition du thymus, puis attribué à chacun un score de « santé thymique ». Les résultats sont frappants. Les personnes affichant les meilleurs scores présentaient environ 50 % de risque de mortalité en moins toutes causes confondues, 63 % de risque en moins de décès d'origine cardiovasculaire et 36 % de risque en moins de développer un cancer du poumon. Des écarts qui résistent même après prise en compte de l'âge et d'autres facteurs de santé.