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VIDEO. Pompiers volontaires : crise des effectifs, délais d'intervention toujours plus longs… un système à bout de souffle ?
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Jérôme Cathala
En Côte-d'Or, où un homme a perdu la vie dans l'incendie de sa maison, le drame aurait-il pu être évité ? Les pompiers auraient mis quarante-cinq minutes à arriver, selon des témoins. Pourquoi ? Après un été marqué par des mégafeux dans les Landes et en Gironde, "Envoyé spécial" se penche sur un système de secours au bord de la rupture. Extrait.
Pour voir arriver les pompiers, comptez environ 15 minutes. C'était, en 2023, le délai moyen estimé après un appel au 18, soit deux minutes de plus qu'il y a dix ans. En une décennie, selon le ministère de l'Intérieur, les délais d'intervention des pompiers en France ont augmenté de plus de 18%. Ils vont de 8 à 12 minutes dans les départements les plus chanceux et jusqu'à 16, voire 20 minutes dans les territoires ruraux. Et ce serait parfois bien davantage...
Il y a quelques mois, un drame est survenu dans une petite commune située à 100 kilomètres de Dijon, en Côte-d'Or. A Grancey-sur-Ource, en avril 2026, un homme de 68 ans est mort dans l'incendie de sa maison, vraisemblablement causé par une cigarette mal éteinte. Alerté par un voisin de la victime, le maire est accouru sur les lieux, sans pouvoir intervenir. Il décrit une attente de "45 minutes", des minutes "interminables, sachant qu'il y avait une personne à l'intérieur…".
La caserne la plus proche n'est pourtant qu'à 10 minutes en voiture dans le département voisin, l'Aube. Comment expliquer un délai d'intervention si long ? "Envoyé spécial" a pu contacter le SDIS (Service départemental d'incendie et de secours) de l'Aube. Pourquoi la caserne d'Essoyes, le centre de secours le plus proche, n'est-elle pas intervenue ?
Selon le directeur du SDIS, ce centre "disposait, au moment de l'appel, d'un seul sapeur-pompier volontaire disponible. A 6 heures du matin, une bonne part ne peuvent pas intervenir parce qu'il faut qu'ils soient à 8 heures au travail, et donc on va aller chercher le centre d'après. Le centre d'après, c'est celui de Mussy-sur-Seine. Ce jour-là, ils étaient six disponibles, donc [les secours sont partis] du centre de secours de Mussy".
Quant au délai d'intervention évoqué par le maire, 45 minutes, il aurait en réalité été, selon le directeur du SDIS, de 30 minutes : "On est appelés à 6h21, on engage à 6h23. De Mussy, ils décollent à à 6h36, détaille-t-il. Donc 13 minutes pour se réveiller, s'habiller, aller au centre de secours, partir, et ils arrivent à 6h53. De 6h23 à 6h53, on a 30 minutes."
Quoi qu'il en soit, reconnaît-il, un tel délai n'est "pas acceptable". En cause, selon lui, la disponibilité des effectifs, un "sujet majeur" dans ces territoires où les équipes de pompiers sont composées "à 100 %" de volontaires. Le maire de Grancey-sur-Ource, qui sait combien ils sont difficiles à recruter dans ces communes rurales, n'accuse d'ailleurs pas les pompiers, mais bien un système à bout de souffle.
La caserne qui aurait dû intervenir se trouve à 7 kilomètres de la maison du drame. Le jour du tournage d'"Envoyé spécial", elle est fermée. Aucun pompier n'est présent sur place. Dans de nombreux villages où les secours fonctionnent avec 100% de volontaires, c'est très souvent le cas.