// FRANDROID — CYBERSECURITY
On a testé 8 VPN avec un vrai protocole : 700 mesures, un robot, et quelques surprises
Mesurer un VPN, c’est facile. Mesurer un VPN correctement, c’est long. Le débit d’une fibre bouge selon l’heure, le serveur de test choisi, la charge du réseau du fournisseur. Et surtout, un relevé isolé ne prouve rien. Il faut répéter, aux mêmes heures, dans les mêmes conditions, sur plusieurs jours, et surtout mesurer la ligne sans VPN à chaque fois pour savoir de quoi on part.
Pour aller plus loin
Quel est le meilleur VPN en 2026 ? Tests et comparatifs
C’est exactement ce que fait Clubic depuis des années pour son baromètre VPN : trois relevés par jour (9 h, 13 h, 18 h) pendant trois jours, en Ethernet, sans VPN puis avec VPN, vers quatre destinations (France, États-Unis, Royaume-Uni, Japon), sur une dizaine de fournisseurs. Le tout à la main, sur nPerf. C’est rigoureux, et c’est une journée de travail par cycle.
Nous avons repris ce protocole en le remodelant, avec l’accord de sa conceptrice, et nous l’avons automatisé. Puis nous l’avons enrichi de ce qu’une machine sait faire mieux qu’un humain : ne jamais oublier un créneau, mesurer la nuit, chronométrer chaque connexion, vérifier chaque adresse de sortie, et garder toutes les traces.
Concernant la machine, nous avons utilisé un mini-PC sous Linux, dédié à cette seule tâche, branché en Ethernet 2,5 Gb/s sur une fibre Free. Aucun autre trafic pendant les mesures : le banc vérifie la charge de la machine et l’absence de tout tunnel résiduel avant de démarrer un créneau.
Chaque mesure tourne dans un espace réseau cloisonné (un network namespace Linux). Le VPN monte dans cette bulle, le test de débit part de cette bulle, et rien d’autre sur la machine ne peut interférer. Quand le créneau se termine, la bulle est nettoyée.
Quatre fois par jour (9 h, 13 h, 18 h et 23 h, un créneau de plus que le protocole d’origine), le banc :
Un créneau complet, c’est 33 relevés (1 sans VPN + 8 fournisseurs × 4 pays) et environ 45 minutes. Une seule mesure à la fois, jamais deux en parallèle.
Concernant le moteur de mesure, on a décidé de travailler main dans la main avec nPerf, le même service que celui du protocole manuel de Clubic, piloté par son agent Linux. Chaque relevé garde en base le moteur qui l’a produit.
Pour chaque relevé, on mesure le débit descendant, le débit montant, la latence vers une cible fixe dans le pays de destination (Paris, New York, Londres, Tokyo), la gigue, la perte de paquets, le protocole réellement utilisé, le serveur attribué, l’adresse et le pays de sortie, sans oublier le temps mis par le tunnel pour s’établir.