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RAW, JPEG, HEIF : ce qui se passe vraiment dans votre appareil photo (et votre smartphone) quand vous déclenchez
On va être honnêtes deux secondes. Quand on shoote en RAW, on a tendance à se dire : OK, j’ai mon fichier brut, c’est bon, la magie commence après, dans Lightroom, sur mon ordi. Et c’est vrai… mais c’est aussi faux. Parce qu’avant même que vous n’ouvriez votre logiciel de post-traitement préféré, votre boîtier, ou votre smartphone, a déjà fait un boulot monstre pour transformer les signaux du capteur en données exploitables. Un boulot invisible, mais absolument crucial.
Alors qu’est-ce qui se passe, vraiment, entre les données captées par le capteur et l’image que vous voyez ? Et surtout, pourquoi ce chemin n’est-il pas exactement le même sur un appareil photo hybride et sur un smartphone ? Accrochez-vous, on entre dans le détail.
Pour comprendre, il faut suivre le chemin de la donnée : lumière → photosites → données RAW → dématriçage → balance des blancs → couleurs → tonalité → réduction du bruit → netteté → JPEG ou HEIF. Et sur smartphone, certaines étapes peuvent être beaucoup plus complexes, avec fusion de plusieurs images, HDR et traitements computationnels.
Avant de plonger dans la tuyauterie, posons les bases.
Un fichier RAW, littéralement « brut » en anglais, c’est la donnée la plus proche possible de ce que le capteur a enregistré. Pas une image, à proprement parler, mais une mesure. Chaque photosite (le petit puits à lumière sur votre capteur) a compté des photons, et il a traduit ça en une valeur numérique. Point.
Sur un capteur de 24 Mpx, vous avez 24 millions de valeurs de luminosité, organisées selon une matrice de Bayer rouge, vert, vert, bleu. S’il y a deux fois plus de vert, c’est parce que notre œil est plus sensible à cette longueur d’onde, mais ça, c’est une autre histoire. Ces valeurs sont stockées sur 12, 14, voire 16 bits selon le capteur. Traduction : chaque photosite peut décrire entre 4 096 et 65 536 niveaux de luminosité. À titre de comparaison, un JPEG standard utilise 8 bits par canal, soit 256 niveaux par canal. D’un côté des dizaines de milliers de niveaux, de l’autre 256.
Pour aller plus loin
Fichier RAW : qu’est ce que le format RAW utilisé en photographie ?
Et surtout : à ce stade, il n’y a pas encore d’image couleur au sens où nous la voyons. Chaque photosite mesure une intensité lumineuse à travers un filtre rouge, vert ou bleu. Pas de contraste, pas de saturation, pas de netteté appliquée. Le RAW, c’est un négatif numérique. Un potentiel brut, littéralement.
Avant de suivre la transformation du RAW en JPEG, il faut faire un détour par le capteur lui-même, car un appareil photo hybride et un smartphone ne partent pas forcément des mêmes données.
La différence la plus évidente entre le capteur d’un smartphone et celui d’un hybride, c’est la taille. Un capteur 1 pouce sur un compact expert (Sony RX100, RX10 V), un APS-C sur un Sony A6700, un plein format sur un A7 V… face au petit 1/1,3 pouce d’un iPhone ou d’un Pixel. Physiquement, le capteur de votre téléphone est un timbre-poste à côté. Moins de surface, c’est moins de lumière captée, moins de dynamique native, plus de bruit à ISO élevé. C’est de l’optique, c’est de la physique, on n’y échappe pas.