// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Phares, pare-chocs, pots d'échappement… Pourquoi les voleurs désossent les voitures
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
De plus en plus de voitures sont désossées en quelques minutes dès la nuit tombée : l'an dernier, 95 300 véhicules ont été ciblés par des vols de pièces détachées. Derrière ce trafic lucratif se cachent aussi bien des vols opportunistes que des réseaux organisés.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
L'avant d'une voiture, totalement désossé. Les deux phares et le pare-chocs volés pendant la nuit. Un coup dur pour son propriétaire. "En allant au boulot à 5 heures du matin, je me suis levé et je l'ai trouvé capot ouvert, plus d'avant", raconte Olivier Gonçalves, victime de vol de pièces détachées. Dans la même rue, un autre véhicule, situé sous les fenêtres de cette habitante, a également été vandalisé. "Elle est comme la mienne l'année dernière, en fait", constate Laurence Bernada. Elle aussi a été victime et elle reste très marquée. "On se couche le soir et on n'est pas sûr de retrouver sa voiture en l'état le lendemain matin et on est obligé de prendre un parking privé", regrette-t-elle. "En plus, bon, c'est un budget, déjà, il faut en trouver un."
Les particuliers ne sont pas les seuls ciblés. En juillet dernier, un garage en Savoie est victime d'un vol de grande ampleur. Six voitures démontées pour un préjudice estimé à 50 000 euros. Souvent, le même mode opératoire. Des vols, la nuit, comme France Télévisions l'a constaté sur des images de vidéosurveillance. Des hommes se garent : il ne leur faudra que quelques minutes pour désosser l'avant d'une voiture avant de repartir. Et le phénomène est loin d'être isolé. L'an dernier, pas moins de 95 300 véhicules ont été la cible de vols de pièces détachées.
Alors où partent tous ces équipements ? Et qui se cache derrière ce trafic ? Selon un expert, beaucoup de pièces sont remises en vente presque immédiatement sur des sites de seconde main. "Banquette C3, 350 euros, 200 euros, il y en a pléthore, il y en a des dizaines et des dizaines", rapporte Pierre-Olivier Marie, rédacteur en chef adjoint du site caradisiac.com. "Un simple phare aujourd'hui est un concentré de technologies et donc tout ça, les constructeurs vous le facturent très cher quand il y a un vol ou de la casse, et forcément cela peut donner des idées."
Des vols opportunistes, mais aussi des réseaux très organisés à l'étranger, attirés par les pièces détachées qui contiennent des métaux précieux, comme le rhodium, dont la valeur dépasse celle de l'or. On en trouve notamment dans les pots d'échappement. "Il y a des filières qui sont plus internationales, avec des pièces automobiles qui sont exportées, des réseaux criminels qui opèrent notamment dans l'est de l'Europe", explique Yohann Fossard, délégué national du syndicat de police Investigation Un1té. La loi punit sévèrement les voleurs, mais aussi les acheteurs. Pour le recel, la peine encourue est de 5 ans de prison et 375 000 euros d'amende.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?
Après un été d'incendies dévastateurs, le long parcours des sinistrés pour être indemnisés
"Avant de me bloquer mon entreprise, le prochain réfléchira à deux fois" : un patron et un employé soupçonnés d'avoir volontairement percuté des ambulanciers grévistes