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"Une inversion des rôles" : la journaliste Marie Portolano jugée lundi pour diffamation envers le chroniqueur foot Pierre Ménès, qu'elle accuse d'atteinte sexuelle
L'ancien éditorialiste du "Canal Football Club", sur Canal+, reproche à son ex-collègue d'avoir menti dans deux extraits de son livre, paru en 2024. Elle y relate les violences sexistes et sexuelles subies dans sa carrière et évoque le comportement du consultant sportif, sans le nommer.
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C'est un fait rare parmi les nombreuses procédures pour diffamation intentées par des mis en cause dans des affaires de violences sexistes et sexuelles : le plaignant, en l'occurrence Pierre Ménès, a décidé d'aller jusqu'au procès. L'ex-chroniqueur vedette du "Canal Football Club", émission sportive phare de Canal+, accuse son ancienne collègue, Marie Portolano, d'avoir menti à son sujet dans son livre Je suis la femme du plateau paru en mars 2024. La journaliste et la maison d'édition Stock doivent être jugés par la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris, lundi 7 septembre.
Dans son ouvrage, Marie Portolano, qui a depuis rejoint le groupe France Télévisions, évoque le sexisme dont elle a fait l'objet sur les plateaux de télévision, en tant que journaliste. Si elle ne cite pas le nom de Pierre Ménès, le chroniqueur est facilement identifiable à plusieurs reprises. Deux extraits du livre ont particulièrement heurté le consultant sportif. Dans l'un d'eux, Marie Portolano estime qu'il jouissait d'un "droit de cuissage" du temps où il officiait chez Canal+.
"Outre l'humiliation, il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l'entouraient. De toucher qui il voulait où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l'arrêter, ses supérieurs hiérarchiques par exemple, toujours témoins de ces agissements", détaille-t-elle notamment.
Dans un autre passage, elle relate l'agression sexuelle qu'elle dit avoir subie de la part de l'ex-chroniqueur, en août 2016. Elle l'accuse d'avoir soulevé sa jupe et de lui avoir touché les fesses sur le plateau du "CFC", hors antenne mais devant le public de l'émission. Des faits qu'elle avait déjà évoqués dans son documentaire diffusé au printemps 2021, Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, qui relatait quarante ans de lutte pour la parité dans l'univers du journalisme sportif.
Dans son livre, qui est donc paru trois ans après la diffusion du documentaire, Marie Portolano assure que Pierre Ménès a reconnu les faits auprès d'elle. "Un mensonge", dénonce le chroniqueur dans une vidéo postée sur sa chaîne YouTube fin 2024. "J'ai toujours dit que je ne m'en souvenais pas", poursuit-il, précisant qu'il était, à l'époque des faits dénoncés, en proie à des "encéphalopathies" dues au dysfonctionnement de son foie (il a subi une double greffe du foie et du rein en décembre 2016) et qui provoquaient des troubles de la mémoire.
"Huit ans après, il n'y a toujours pas le début du commencement d'une preuve de la thèse de Marie [Portolano]", insiste-t-il dans cette vidéo, déplorant avoir "tout perdu dans cette histoire : mon honneur, mes contrats, mon travail". Les révélations du documentaire avaient entraîné le départ de Pierre Ménès de Canal+. La chaîne avait ensuite mené une enquête interne, au cours de laquelle sept personnes s'étaient dites victimes "d'agissements sexistes ou de comportements inappropriés" du présentateur, selon les révélations du média Les Jours à l'époque.
Cette enquête interne a entraîné un signalement de l'inspection du travail auprès du parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) qui a décidé de renvoyer Pierre Ménès en correctionnelle pour atteinte sexuelle sur Marie Portolano. Le chroniqueur doit être jugé le 16 novembre au tribunal judiciaire de Nanterre pour l'épisode de la jupe relaté par la journaliste dans son documentaire, a appris franceinfo auprès de Christophe Bigot, l'avocat de Marie Portolano et des éditions Stock. Il sera également jugé ce jour-là pour avoir embrassé de force la chroniqueuse Frances