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Recharger sa voiture électrique avec ses panneaux solaires : tout ce qu’il faut savoir
Un après-midi de juillet, application de l’onduleur ouverte sur le smartphone, je baisse l’intensité de charge de la voiture ampère par ampère. Dix panneaux de 450 W sur le toit, un peu plus de 3 kW qui sortent, et l’idée fixe de ne pas donner un seul électron au réseau.
À 10 A, la voiture avale 2,3 kW et le compteur repart dans le mauvais sens dès qu’un nuage passe. À 6 A, elle se contente de 1,4 kW et le frigo peut tourner à côté. Ça a marché. Ça a aussi mangé mon après-midi, ce qui ne correspond pas tout à fait à l’idée qu’on se fait de l’autonomie énergétique.
Pour aller plus loin
Rachat à 1,1 centime le kWh : l’État signe-t-il la fin des panneaux solaires pour les particuliers ?
Si je m’acharne à ne rien injecter, c’est que le calcul a changé le 5 juin. Un nouvel arrêté tarifaire, publié au Journal officiel la veille, fixe le rachat du surplus à 1,1 centime le kWh HT pour toute nouvelle installation, contre 4 centimes auparavant, et supprime la prime à l’autoconsommation au passage.
Une précision qui change tout pour ceux qui produisent déjà : ce nouveau tarif ne concerne que les installations dont la demande de raccordement a été déposée à partir du 5 juin. Si vos panneaux tournent depuis avant cette date, vous gardez votre ancien contrat, autour de 4 centimes le kWh, garanti vingt ans. Le raisonnement qui suit vaut donc surtout pour une installation neuve ou un projet en cours.
En face, le tarif réglementé de base tourne autour de 19 centimes TTC. Un kWh solaire consommé chez soi vaut donc dix-huit fois un kWh injecté. Le message de l’État est clair, gardez vos électrons.
S’ajoute un second calcul, plus politique. Le Conseil des prélèvements obligatoires, organisme associé à la Cour des comptes, a chiffré début juin une redevance annuelle d’environ 95 euros pour les voitures électriques, et écarté une taxe kilométrique, pour compenser une TICPE qui fond avec l’électrification du parc.
Rien n’est voté à ce stade. Mais si une taxe à l’usage arrivait un jour, elle passerait sans doute par la borne publique ou par le véhicule, pas par les électrons qui sortent du toit. Rouler au solaire domestique, c’est aussi se mettre partiellement à l’abri.
Nos confrères de Golem.de ont fait l’exercice avec une simple centrale de balcon à batterie et un chargeur mobile, et ça fonctionne. Leur test met surtout en lumière quelques limites qu’il vaut mieux connaître avant d’acheter quoi que ce soit.
Une voiture électrique n’accepte pas n’importe quelle puissance en courant alternatif : la plupart descendent jusqu’à 6 A en monophasé, soit 1 380 W, et refusent de démarrer en dessous. Certaines sont plus capricieuses, la Renault Zoé ne charge qu’à partir de 10 A, donc 2 300 W. Il faut aussi compter les pertes : à cette puissance, une MG4 laisse entre 8 et 15 % de l’énergie en route, le reste chauffe le chargeur embarqué.