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Après les accusations d’espionnage, LG nous explique ce que ses TV écoutent vraiment
Hier, on relayait l’enquête de Gamers Nexus sur les TV LG : plus de 500 heures de tests, environ 70 000 dollars dépensés, et une conclusion peu flatteuse. Les téléviseurs cartographient les appareils du réseau domestique, relèvent le Wi-Fi des voisins et peuvent capter de l’audio écran éteint, même déconnectés d’Internet. Quelques heures après la mise en ligne, LG France nous a écrit pour réagir.
« Les affirmations formulées dans la vidéo récemment publiée sont inexactes », écrit le constructeur. Sa version : les TV « ne traitent des données vocales que lorsque le bouton vocal de la télécommande est maintenu enfoncé », ou quand le mot d’activation « Hi LG » est reconnu.
Cette écoute du mot-clé, baptisée Far-Field, doit être activée manuellement par l’utilisateur. En veille, « si aucun mot d’activation n’est détecté, l’audio utilisé pour cette détection est traité localement sur le téléviseur, immédiatement supprimé, et n’est pas transmis aux serveurs de LG ». Sur le scan du réseau, LG assume : il s’agit d’« une fonction standard, couramment proposée par les téléviseurs connectés », utile pour le partage de contenu et la maison connectée.
Le communiqué répond à une accusation légèrement décalée par rapport à celle de Gamers Nexus. Une partie des démonstrations audio les plus spectaculaires reposait sur des failles d’exécution de code à distance dans webOS, encore en cours de divulgation.
Autrement dit, la TV n’enregistre pas forcément tout le monde en permanence, mais elle peut être transformée en micro d’ambiance par quelqu’un qui exploite ces trous.
Là-dessus, LG se contente d’une phrase générique : la marque « collabore avec des experts en sécurité indépendants afin d’identifier les vulnérabilités et de déployer des mises à jour de sécurité dans les meilleurs délais ». Rien sur les failles précises, rien sur un correctif, rien sur un calendrier.
Même silence sur le second micro que le réglage de coupure ne désactiverait pas, selon les tests, ou sur l’option « Do Not Sell My Personal Information » laissée désactivée par défaut aux États-Unis.
Sur l’ACR, cette reconnaissance de contenu qui alimente la publicité ciblée, LG répète que la fonction est en opt-in et que sans consentement, « les données ACR ne sont pas utilisées à des fins publicitaires ». Formulation à lire deux fois : non utilisées à des fins publicitaires, ce qui signifie qu’elles sont collectées.
En mai, le constructeur avait déjà signé un accord avec le procureur général du Texas pour obtenir un consentement éclairé avant toute collecte ACR. Quatre mois plus tard, l’enquête juge que les réglages ne suffisent toujours pas. Samsung, Sony, TCL et Hisense sont également visés par la même procédure.
LG a le droit de contester, et une bonne partie de sa réponse est sans doute exacte au sens strict. Mais un démenti qui contourne la question des vulnérabilités ne rassure personne. Tant qu’on n’en sait pas plus, le conseil des vidéastes tient toujours : TV hors ligne, et une box de streaming branchée en HDMI.