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Actualité : Ces normes de climatisation datent de 1966 et pénalisent encore les femmes aujourd'hui, même sous canicule
La canicule frappe tout l'Hexagone et les températures sont étouffantes. Forcément, vient la climatisation pour "survivre". Sauf qu'une étude nous rappelle que cette invention a un biais sexiste. Et pour cause, la climatisation se base sur le métabolisme masculin qui est bien plus élevé que celui des femmes. On vous explique tout.
Alors forcément, quand on parle de sexisme, certains grincent déjà des dents. Et pourtant, cette étude remet les pendules à l'heure et nous rappelle que, à l'origine, la climatisation fut d'abord pensée pour les hommes. Qu'il s'agit d'une réalité qui se base sur un modèle sociétal dépassé : autrefois, les hommes étaient plus présents dans les bureaux. La climatisation fut bâtie pour leur métabolisme et rien n'a été fait pour le corriger depuis.
Nous sommes en juin 2026 et la France traverse une forte canicule avec jusqu'à 43 degrés et des dizaines de départements en alerte. Alors dans les bureaux, les transports en commun, les commerces et même chez les particuliers, la climatisation tourne à plein régime. On la trouve aussi dans les trains, les centres commerciaux et les cinémas. Hommes comme femmes en profitent, mais pas de la même manière.
Deux chercheurs de l'université de Maastricht ont publié leur étude dans la revue Nature Climate Change. Boris Kingma et Wouter van Marken Lichtenbelt montrent que les normes de confort de la climatisation reposent sur un ancien modèle. Il s'agit d'un modèle calé sur le métabolisme masculin, bien plus élevé que celui des femmes, de 20 à 35 %.
Le métabolisme produit la chaleur du corps et celui des femmes tourne plus lentement. On parle d'un écart de 20 à 35 % selon l'âge, le poids et la condition physique. Boris Kingma, biophysicien, dénonce cette inégalité. "Une mauvaise donnée au départ donne forcément une réponse fausse", résume Boris Kingma.
L'étude a suivi 16 jeunes femmes en bonne santé pendant des tâches de bureau. Leur corps dégageait 48 watts par mètre carré contre 60 retenus par la norme. Les normes supposent un dégagement plus fort pensé pour un corps masculin. L'écart fausse donc le réglage de la climatisation.
En moyenne, les hommes préfèrent 22 degrés quand les femmes se tournent vers 25 degrés. Un écart de 3 degrés suffit à ce que les femmes subissent plus d'inconfort lorsque la climatisation est enclenchée. Et un inconfort thermique, même en pleine canicule, ce n'est jamais agréable. Encore moins attraper un coup de froid sous 40 degrés avec la fatigue par-dessus.
Mais ce n'est pas tout car l'écart entre la rue brûlante et le bureau glacé fragilise l'organisme. Un grand écart de température pousse le coup de froid, le choc thermique et les infections ORL. L'air climatisé assèche le nez et la gorge et peut réveiller une rhinite ou de l'asthme. Un écart de plus de 6 degrés avec l'extérieur est déconseillé. Et une climatisation calée sur un métabolisme masculin creuse cet écart pour les femmes.
C'est dans les années 60 que l'ingénieur danois P. Ole Fanger a bâti le modèle de confort thermique encore utilisé par la climatisation. Ces calculs partaient d'un homme de 40 ans et de 70 kilos. Un cadre qui a donné les normes ASHRAE 55 et ISO 7730 qui sont toujours en vigueur.
Ces règles furent pensées à une époque où les bureaux comptaient surtout des hommes, les femmes étant bien moins présentes dans le monde professionnel. Sauf que nous sommes en 2026 et aujourd'hui les femmes occupent la moitié des bureaux. Et sachant que les canicules seront plus fréquentes, longues et intenses dans les années à venir, ne serait-il pas temps de corriger ces normes dans une démarche d'égalité entre les genres ?