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iPhone 18 Pro : non, le nouveau diaphragme d’Apple ne rendra pas toutes vos photos meilleures
Avec les iPhone 18 Pro, Apple introduit une ouverture mécanique variable sur sa caméra principale. Une véritable nouveauté matérielle, présentée comme un moyen d’améliorer chaque prise de vue. Sauf qu’en photographie, un réglage supplémentaire ne fait pas disparaître les compromis.
Six lamelles mobiles, un mécanisme miniaturisé et quatre réglages d’ouverture accessibles dans l’application Caméra : les iPhone 18 Pro et Pro Max, annoncés le 9 septembre, accueillent un véritable diaphragme sur leur grand-angle principal de 48 mégapixels. L’ultra-grand-angle et le téléobjectif dédié conservent, eux, une ouverture fixe.
Le principe ressemble à celui d’une pupille : un orifice s’agrandit ou se rétrécit pour contrôler la lumière qui traverse l’objectif. Plus le nombre indiqué après le « f/ » augmente, plus l’ouverture diminue. À f/4, le capteur reçoit donc moins de lumière par seconde qu’à f/1,48. Pour conserver une image aussi lumineuse, il faut alors allonger l’exposition ou augmenter les ISO, avec des risques de flou de mouvement ou de bruit numérique. Fermer davantage ne signifie pas photographier mieux.
Mais attention à ne pas tomber dans l’excès inverse : le nouvel objectif ne se contente pas de réduire la lumière. Son ouverture maximale atteint f/1,48, contre f/1,78 sur l’iPhone 17 Pro : un gain potentiel réel, pas une mesure de qualité d’image.
Cette réserve de lumière peut servir à raccourcir la pose pour mieux figer un sujet ou à limiter la montée en ISO. Mais elle provient de l’ouverture maximale plus généreuse, pas du mouvement des lamelles en lui-même. Un objectif comparable fixé à f/1,48 laisserait entrer autant de lumière. L’intérêt du diaphragme mobile est de pouvoir choisir une autre ouverture lorsque la scène le justifie.
Apple annonce par ailleurs un nouveau capteur et une nouvelle chaîne de traitement d’image. Si les photos nocturnes progressent, il faudra donc distinguer le rôle de chacun, plutôt que d’attribuer tous les gains au petit mécanisme devenu la vedette de la présentation.
Le véritable intérêt photographique du diaphragme dépasse toutefois la seule exposition : il permet de modifier la profondeur de champ, autrement dit l’étendue de la zone qui paraît nette. Fermer l’objectif peut ainsi aider à conserver plusieurs rangées de visages dans cette zone, ou à photographier un objet de près sans qu’une partie devienne floue. Ce sont bien des améliorations possibles de photos ordinaires, pas seulement des effets réservés aux vidéastes.
Le bénéfice dépend néanmoins du sujet et des distances. Une scène dont tous les éléments importants sont déjà nets ne gagne pas nécessairement à être photographiée avec une ouverture plus petite. Et fermer le diaphragme réduit le flou optique d’arrière-plan : ce n’est donc pas cette opération qui donnera à un portrait un fond plus joliment flouté.
Il faut aussi distinguer profondeur de champ et finesse des détails. Fermer légèrement peut réduire certains défauts optiques et améliorer le piqué, notamment dans les coins. Mais aller trop loin renforce les effets de la diffraction, qui atténue les détails fins. Ce compromis devient particulièrement important avec de petits pixels. Il faudra mesurer où se situe le meilleur équilibre sur les nouveaux iPhone, et non décréter que f/4 produit forcément une meilleure image que f/1,8.
La vidéo constitue un autre usage pertinent. Pour conserver un flou de mouvement naturel, on cherche souvent une durée d’exposition proche de 1/50 s à 25 images par seconde. En environnement lumineux, fermer le diaphragme aide à garder cette durée sans surexposer l’image. Même logique pour les poses longues : laisser entrer moins de lumière permet de prolonger l’exposition et d’accentuer volontairement le mouvement de l’eau ou des passants.