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Actualité : Des chercheurs de Nankin inventent un film flottant qui transforme chaque goutte de pluie en 250 V d'énergie
Des scientifiques chinois ont mis au point un générateur flottant, capable de transformer l’énergie des gouttes de pluie en électricité en utilisant l’eau comme électrode.
© Ugis Riba/Shutterstock - Transformer la pluie en électricité devient encore plus ingénieux grâce à un nouveau système compact et flottant sur l'eau
Alors que des satellites-miroirs sont proposés en orbite pour alimenter des panneaux solaires même la nuit, des chercheurs asiatiques ont décidé de récupérer l’énergie cinétique d’une averse pour générer de l’électricité. Au lieu de structures lourdes et coûteuses, ils ont imaginé un système compact flottant directement sur l’eau pour transformer chaque goutte qui frappe sa surface en impulsion électrique.
La recherche autour des générateurs hydrovoltaïques (ceux produisant de l'électricité à partir des vagues, de la pluie ou de l’humidité) continue de plus belle, crise du pétrole aidant. Des scientifiques de l’Université d’aéronautique et d’astronautique de Nankin ont réussi à développer un modèle innovant, remplaçant la base rigide et les électrodes métalliques encombrantes par l’eau elle-même.
Nommé W-DEG, le dispositif se résume à une fine pellicule de polymère posée à la surface d’un lac ou d’un bassin, maintenue naturellement en place par l’eau. Son principe est finalement simple : lorsqu’une goutte de pluie percute la surface, elle s’étale à grande vitesse et les ions déjà présents dans l’eau agissent comme une électrode. Ce contact génère alors un pic de tension à vide impressionnant de près de 250 V par goutte, rivalisant avec les générateurs à gouttes classiques dont la puissance maximale, le courant et le transfert de charge s’avèrent quasiment identiques.
Comparaison entre le générateur flottant W-DEG (à gauche) et le système hydrovoltaïque terrestre classique (à droite).
© Université d’aéronautique et d’astronautique de Nankin
Les chercheurs parlent ainsi d’une architecture “intégrée à la nature”, transformant ce générateur en un système bien plus compact et léger. En supprimant les composants métalliques, le dispositif ne pèse plus que 0,5 kg/m², soit un allègement de 87 %, tout en divisant les coûts de production par deux. Le prototype développé, un assemblage de petits modules, couvre à peine 0,3 m² tout en offrant d’excellentes performances.
Pour garantir son efficacité sous de fortes averses, les chercheurs ont décidé de percer le film de minuscules trous de drainage. Jouant sur la physique des fluides, ils permettent à l’eau de pluie de s’écouler vers le bas sans que l’eau du bassin ne remonte. Une solution ingénieuse, qui pourrait à terme prendre la forme de mini-centrales compactes déployées sur de vastes étendues d’eau.
Reste à voir si cette technologie réussira à se déployer à grande échelle pour devenir une nouvelle source d’électricité, ou si l’imprévisibilité de la taille des gouttes et la fragilité du film face à la houle freineront son développement. Patience donc pour découvrir s’il s'agit bel et bien de l’avenir de l’hydrovoltaïque ou non.