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Ces utilisateurs de Claude se sentent trompés, ils poursuivent Anthropic en justice
Anthropic est traînée devant la justice : des abonnés de Claude s’estiment trompés sur les limites réelles de leur abonnement. Entre promesses marketing et petites lignes techniques, le fossé serait bien plus large qu’annoncé.
À l’instar de ChatGPT, Claude, le chatbot d’Anthropic, propose plusieurs formules d’abonnement. Une première version gratuite, puis une offre Pro à une vingtaine de dollars mensuels. Mais pour les utilisateurs les plus intensifs, Anthropic a lancé en avril 2025 le forfait Max, décliné en deux versions : 100 dollars par mois pour un usage annoncé « 5 fois » supérieur au Pro, ou 200 dollars pour « 20 fois » plus de capacité.
Problème, Anthropic a introduit des plafonds d’usage hebdomadaires venant s’ajouter à ces multiplicateurs.
Dans une plainte déposée ce 8 septembre et consultée par The Verge, des abonnés reprochent justement à Anthropic d’avoir survendu ses multiplicateurs, sans préciser clairement qu’ils ne s’appliquent qu’à des fenêtres de cinq heures, et non à l’usage hebdomadaire global. En conséquence, l’écart entre les deux forfaits Max s’effondre une fois le plafond hebdomadaire pris en compte.
La souscription à 200 dollars, censée offrir quatre fois plus de capacité que celui à 100 dollars, ne permettrait en réalité qu’un gain d’1,7 fois, pour le double du prix. Pire encore, l’information n’apparaît qu’après avoir cliqué sur plusieurs liens hypertexte, dissimulée derrière la définition technique du mot « session ». Une opacité que Monica Vaca, l’une des deux avocates à l’origine de la plainte et ancienne membre de la Federal Trade Commission (FTC), juge incompatible avec les règles de la publicité commerciale. « Il n’y a aucun moyen pour eux de savoir exactement ce qu’ils vont obtenir », résume-t-elle.
De son côté, Anthropic assure que l’information reste accessible à qui prend la peine de cliquer sur les liens fournis lors de l’achat, exactement comme le fait de « retourner un produit pour lire l’étiquette ». Un argument que Vaca rejette catégoriquement : selon elle, ce n’est pas au consommateur de devoir enquêter pour comprendre ce qu’il paie.
Loin d’être anodine, cette affaire illustre une tension grandissante dans toute l’industrie de l’IA. Car faire tourner ces outils coûte extrêmement cher, et les entreprises cherchent des moyens de répercuter cette pression sur leurs utilisateurs… Parfois au prix d’une communication trouble sur ce qu’ils obtiennent réellement pour leur argent.
À mesure que les chatbots IA deviennent des outils de travail à part entière, la question du rapport entre le prix payé et l’usage réellement disponible risque clairement de se poser avec d’autres fournisseurs.
Désormais, les plaignants demandent à la justice d’obliger Anthropic à rembourser les sommes perçues et à revoir en profondeur la façon dont l’entreprise présente ses offres, avec des mesures qui l’empêcheraient de reproduire ce type de communication à l’avenir.
La procédure vise aussi à faire reconnaître le statut de recours collectif, ce qui permettrait à l’ensemble des abonnés concernés aux États-Unis de bénéficier d’une éventuelle décision favorable, sans avoir à engager individuellement une action en justice. Une affaire qui pourrait clairement faire des émules.